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Lynx du Canada

Lynx canadensis

aucune estimation mondiale fiable n'existe ; populations jugées sûres…
Risque d'extinction Préoccupation mineure
Cycle prédateur-proieForêt boréalePrédateur spécialisteMilieu arctique
Lynx du Canada (Lynx canadensis)
Photo : Michael Zahra, Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Élevé
1 an

Sans lynx pour la chasser, une des principales pressions de prédation sur le lièvre d'Amérique disparaît d'un coup : une expérience de terrain a montré qu'exclure les prédateurs mammifères, dont le lynx, double la densité de lièvres par rapport à des parcelles témoins.

Documentée
Détail

Krebs, C.J., Boutin, S., Boonstra, R. et al. (1995). Impact of Food and Predation on the Snowshoe Hare Cycle. Science, 269(5227), 1112–1115.

Expérience factorielle menée sur des parcelles d'un kilomètre carré dans le sud-ouest du Yukon, comparant des parcelles témoins à des parcelles où l'accès des prédateurs mammifères — dont le lynx — était bloqué par une clôture. La seule exclusion des prédateurs a doublé la densité de lièvres ; combinée à un ajout de nourriture, elle l'a fait grimper jusqu'à 11 fois la densité témoin, preuve que la prédation à elle seule pèse lourd sur la taille de la population de lièvres.

10 ans

Mais retirer le lynx en particulier n'équivaut probablement pas à retirer tous les prédateurs : contrairement au coyote, capable de se rabattre sur d'autres proies, le lynx chasse presque uniquement le lièvre — perdre le lynx atténuerait donc l'amplitude du cycle du lièvre sans l'effacer complètement.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de O'Donoghue, Boutin, Krebs et al. (1998). Functional responses of coyotes and lynx to the snowshoe hare cycle. Ecology, 79(4), 1193–1208, qui compare le comportement de chasse des deux prédateurs sans mesurer l'effet du retrait du seul lynx.

L'étude montre que le lynx et le coyote, prédateurs de taille comparable, diffèrent nettement dans leur capacité à capturer des proies de remplacement quand le lièvre se raréfie : le coyote change de régime alimentaire, le lynx beaucoup moins. Cette asymétrie suggère que le rôle du lynx dans les creux du cycle n'est pas interchangeable avec celui du coyote.

Ce qui manque pour confirmer : Aucune expérience de terrain n'a exclu le lynx seul, en laissant les autres prédateurs en place, pour mesurer directement dans quelle mesure le cycle du lièvre persisterait sans lui spécifiquement.

100 ans

Sur un siècle, le cycle d'environ 9,6 ans qui a rythmé les populations de lièvre et de lynx pendant deux cents ans de registres de fourrure se brouillerait sans doute : des généralistes comme le coyote prendraient une partie de la place laissée vacante, mais sans reproduire le lien aussi étroit qui unissait le lièvre à son ancien prédateur spécialiste.

Hypothèse
1000 ans

Sur mille ans, un cycle prédateur-proie durablement affaibli finirait par se répercuter sur le broutage du saule, du bouleau et du peuplier de la forêt boréale, dont la repousse dépend justement des hauts et des bas de la population de lièvres — une forêt dont le rythme de régénération ne retrouverait plus la même cadence.

Hypothèse

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