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Lynx du Canada

Lynx canadensis

aucune estimation mondiale fiable n'existe ; populations jugées sûres…
Risque d'extinction Préoccupation mineure
Cycle prédateur-proieForêt boréalePrédateur spécialisteMilieu arctique
Lynx du Canada (Lynx canadensis)
Photo : Michael Zahra, Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Majeur
Sur 199 ans

Le nombre de lynx capturés a suivi, avec un léger décalage, les hauts et les bas du lièvre d'Amérique selon un cycle d'environ 9,6 ans — resté d'une régularité frappante sur deux siècles complets de registres.

Documentée
Détail

Elton, C. et Nicholson, M. (1942). The Ten-Year Cycle in Numbers of the Lynx in Canada. Journal of Animal Ecology, 11(2), 215–244.

Étude fondatrice de l'écologie des populations, construite à partir des registres de vente de fourrures de la Compagnie de la Baie d'Hudson et d'autres marchands, couvrant jusqu'à 206 ans selon les régions (détail régional pour 1821-1934/1937). Le lynx, prédateur quasi spécialiste du lièvre d'Amérique, voit ses propres effectifs monter et descendre en suivant ceux du lièvre — un des jeux de données les plus étudiés de toute l'écologie animale.

8 ans (Yukon)

Exclure les mammifères prédateurs (dont le lynx) d'une parcelle a doublé la densité de lièvres par rapport aux parcelles témoins ; combiner cette exclusion avec un ajout de nourriture a fait grimper la densité jusqu'à 11 fois celle des parcelles témoins — la preuve expérimentale que la prédation, pas seulement la nourriture, pilote le cycle.

Documentée
Détail

Krebs, C.J., Boutin, S., Boonstra, R. et al. (1995). Impact of Food and Predation on the Snowshoe Hare Cycle. Science, 269(5227), 1112–1115.

Expérience factorielle de grande échelle menée sur des parcelles d'un kilomètre carré dans le sud-ouest du Yukon pendant huit ans, manipulant à la fois la nourriture disponible et l'accès des prédateurs mammifères. Le doublement de densité obtenu par la seule exclusion des prédateurs isole la contribution de la prédation ; le facteur 11 obtenu en combinant les deux manipulations montre que nourriture et prédation agissent ensemble, pas l'une en l'absence de l'autre.

Par extrapolation

Le lynx, spécialiste du lièvre, et le coyote, généraliste capable de se rabattre sur d'autres proies, ne réagissent pas de la même façon aux creux du cycle — perdre le lynx en particulier pourrait donc atténuer l'amplitude du cycle sans l'effacer, plutôt que d'avoir le même effet qu'exclure tous les prédateurs à la fois.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de O'Donoghue, Boutin, Krebs et al. (1998). Functional responses of coyotes and lynx to the snowshoe hare cycle. Ecology, 79(4), 1193–1208, qui compare les deux prédateurs sans mesurer l'effet du retrait du seul lynx.

L'étude montre que le lynx et le coyote, prédateurs de taille comparable, diffèrent dans leur comportement de chasse et leur capacité à capturer des proies de remplacement quand le lièvre se raréfie — le coyote change de régime, le lynx beaucoup moins. Cette asymétrie suggère que le rôle du lynx dans le creux du cycle n'est pas interchangeable avec celui du coyote, mais aucune expérience n'a isolé l'effet du retrait du seul lynx pour le confirmer.

Ce qui manque pour confirmer : Aucune expérience de terrain n'a exclu le lynx seul (en laissant les autres prédateurs en place) pour mesurer directement dans quelle mesure le cycle du lièvre persisterait sans lui spécifiquement.

Sur le temps long

Le broutage du lièvre influence la régénération du saule, du bouleau et du peuplier de la forêt boréale — mais aucune étude ne relie directement une modification du rôle du lynx dans le cycle à un changement mesuré de la composition forestière.

Insuffisante

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