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Lemming de Norvège

Lemmus lemmus

population très fluctuante d'une année à l'autre ; aucune estimation…
Risque d'extinction Préoccupation mineure
Cycle prédateur-proieMilieu arctiqueChangement climatiqueProie clé
Lemming de Norvège (Lemmus lemmus)
Photo : Lakkahillo, Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Modéré
1 an

Dès qu'une année sans lemmings survient — ce qui arrivait déjà régulièrement lors des creux du cycle historique —, les prédateurs qui en dépendent, notamment le renard arctique et les oiseaux prédateurs de la toundra, se reportent presque aussitôt sur une proie de repli : les œufs des oiseaux nichant au sol. C'est ce que la littérature appelle l'hypothèse des proies alternatives.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir d'Ims, R.A. et Fuglei, E. (2005). Trophic Interaction Cycles in Tundra Ecosystems and the Impact of Climate Change. BioScience, 55(4), 311–322 — la bascule vers des proies alternatives, documentée pour une année basse au sein du cycle historique, est ici étendue à une disparition complète et durable des lemmings.

L'hypothèse des proies alternatives décrit comment, en année pauvre en lemmings, les prédateurs de la toundra se reportent sur d'autres sources de nourriture disponibles, en particulier les œufs d'oiseaux nichant au sol. Le cycle historique fournissait déjà, tous les 3 à 5 ans, un aperçu de ce que produirait une absence prolongée de lemmings — la différence étant que ces années basses étaient jusqu'ici suivies d'un retour à l'abondance.

Ce qui manque pour confirmer : Aucune étude ne mesure directement la réponse des prédateurs à une disparition totale et permanente des lemmings, plutôt qu'à une simple année basse au sein d'un cycle qui reprend ensuite.

10 ans

Répétée année après année plutôt que ponctuelle, cette bascule vers les œufs prive le renard arctique norvégien — déjà en danger critique après des décennies de surchasse historique — des années fastes dont il dépendait pour se reproduire massivement, ralentissant d'autant son rétablissement malgré des décennies de protection légale.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de Ims, R.A. et Fuglei, E. (2005). Trophic Interaction Cycles in Tundra Ecosystems and the Impact of Climate Change. BioScience, 55(4), 311–322, et de la littérature de conservation sur le renard arctique norvégien.

Le déclin du renard arctique norvégien est d'abord dû à des décennies de surchasse pour la fourrure au XIXe et au début du XXe siècle, bien avant que l'amortissement du cycle de lemmings ne soit documenté. La littérature de conservation cite l'amortissement du cycle comme un facteur aggravant qui complique le rétablissement naturel de l'espèce malgré des décennies de protection légale — un facteur composé, pas la cause originelle.

Ce qui manque pour confirmer : La part précise attribuable à l'absence de lemmings, par rapport à la surchasse historique et à d'autres facteurs, dans la difficulté du renard arctique norvégien à se rétablir naturellement malgré des décennies de protection, reste à quantifier.

100 ans

À Finse, en Norvège, le cycle est déjà amorti depuis près de 40 ans, sous l'effet direct de la fonte plus fréquente des couches de glace au fond de la neige. Si cette tendance se maintient sur un siècle complet, les prédateurs qui dépendaient des pics de lemmings pour se reproduire massivement n'auraient plus jamais cette occasion : leur reproduction se stabiliserait à un niveau durablement plus faible plutôt que de continuer à alterner entre années fastes et années maigres.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de Kausrud, K., Mysterud, A., Steen, H. et al. (2008). Linking climate change to lemming cycles. Nature, 456, 93–97 — qui documente l'amortissement du cycle sur près de 40 ans à Finse (Norvège) sans en suivre les effets sur un siècle complet.

L'étude combine près de 40 ans (1970-2007) de données de densité de rongeurs et d'oiseaux avec des mesures de terrain sur l'état du manteau neigeux à Finse, en Norvège — un site réel où l'amortissement du cycle est déjà mesuré sur près de quatre décennies, et non une projection abstraite. Le raisonnement qui reste à établir est la poursuite de cette tendance jusqu'à l'échelle du siècle.

Ce qui manque pour confirmer : Aucune donnée sur l'état des populations de prédateurs à Finse au-delà des quarante années couvertes par l'étude n'a été trouvée dans les sources réunies ici.

1000 ans

Sur un millénaire, les prédateurs les plus spécialisés sur les pics de lemmings — renard arctique, harfang des neiges — auraient vraisemblablement cédé la place à des prédateurs plus généralistes, capables de survivre sans compter sur des années d'abondance périodique. Même si le cycle finissait par revenir, ces prédateurs spécialistes n'auraient plus la même place dans la toundra qu'avant sa disparition.

Hypothèse