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Lièvre d'Amérique

Lepus americanus

Densité variant, selon la phase du cycle, d'environ 1 à 10 000…
Risque d'extinction Préoccupation mineure
Cycle prédateur-proieProie cléForêt boréale
Lièvre d'Amérique (Lepus americanus)
Photo : Fralambert, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Élevé
Sur 113 ans

Plus d'un siècle de registres de fourrures de la Compagnie de la Baie d'Hudson a révélé un cycle régulier d'environ dix ans dans les prises de lynx — un signal si net qu'il est devenu l'un des jeux de données les plus utilisés de toute l'écologie des populations.

Documentée
Détail

Elton, C. et Nicholson, M. (1942). The Ten-Year Cycle in Numbers of the Lynx in Canada. Journal of Animal Ecology, 11(2), 215–244.

Les registres commerciaux, tenus depuis 1671 pour suivre les échanges de fourrures et non pour la recherche scientifique, se sont révélés être la plus longue série continue disponible pour étudier un cycle de population sauvage — une source de données inattendue devenue fondatrice pour comprendre le cycle lièvre-lynx, avant même que des méthodes de terrain modernes n'existent.

Sur 8 ans, Yukon

En excluant les prédateurs et en ajoutant de la nourriture sur des parcelles expérimentales, séparément puis ensemble, une expérience de terrain a montré que l'exclusion des prédateurs seule double la densité de lièvres, l'ajout de nourriture seul la triple — mais combiner les deux la multiplie par 11, un effet largement supérieur à la simple somme des deux.

Documentée
Détail

Krebs, C.J., Boutin, S., Boonstra, R., Sinclair, A.R.E., Smith, J.N.M., Dale, M.R.T., Martin, K. et Turkington, R. (1995). Impact of Food and Predation on the Snowshoe Hare Cycle. Science, 269(5227), 1112–1115.

Menée sur des parcelles d'un km² au Yukon selon un plan factoriel — témoin, nourriture seule, exclusion des prédateurs seule, et les deux combinées — pendant huit ans, cette expérience reste l'une des plus grandes manipulations de terrain jamais réalisées en écologie des populations. L'effet plus que multiplicatif de la combinaison démontre que le cycle résulte d'une interaction à trois niveaux trophiques — plante, lièvre, prédateur — et non d'un seul facteur agissant isolément.

Non mesuré à ce jour

Les deux points ci-dessus documentent ce qui contrôle la population du lièvre, pas ce que sa disparition changerait pour les autres espèces : le lynx du Canada en dépend étroitement (voir sa fiche), mais aucune étude ne mesure ce qui arriverait à la végétation broutée par le lièvre — bouleau, saule, peuplier — si le lièvre lui-même disparaissait du cycle plutôt que de simplement en décliner temporairement.

Insuffisante

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