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Manchot Adélie

Pygoscelis adeliae

10 000 000 individus matures à l'échelle du continent (dernière évaluation UICN, 2020)
Risque d'extinction Préoccupation mineure
Milieu marinChangement climatique
Manchot Adélie (Pygoscelis adeliae)
Photo : Godot13, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Modéré
Péninsule Ouest

Trois décennies de relevés de terrain montrent que les populations de manchots Adélie et à jugulaire suivent directement la biomasse de krill disponible, elle-même façonnée par le recul de la glace de mer lié au réchauffement et par un effet retardé de la chasse historique aux baleines et aux phoques qui avait autrefois laissé un surplus de krill inhabituellement élevé.

Documentée
Détail

Trivelpiece, W.Z., Hinke, J.T., Miller, A.K., Reiss, C.S., Trivelpiece, S.G. & Watters, G.M. (2011). Variability in krill biomass links harvesting and climate warming to penguin population changes in Antarctica. Proceedings of the National Academy of Sciences, 108(18), 7625-7628.

L'étude compare deux espèces aux besoins opposés en glace de mer — l'Adélie qui la recherche, le manchot à jugulaire qui l'évite — et montre que les deux déclinent ensemble quand le krill se raréfie, ce qui exclut la glace de mer comme cause unique et pointe vers la disponibilité alimentaire comme facteur commun.

Synthèse, ensemble de la péninsule

Une synthèse intégrant des données de recensement de 70 sites de nidification sur 31 ans documente un déclin du manchot Adélie dans la quasi-totalité des sites de la péninsule Antarctique — à l'exact opposé de la croissance ou stabilité observée en Antarctique de l'Est sur la même période, ce qui fait du manchot Adélie un indicateur régional plutôt qu'un signal continental uniforme.

Documentée
Détail

Lynch, H.J. & LaRue, M.A. (2012). Spatially integrated assessment reveals widespread changes in penguin populations on the Antarctic Peninsula. Ecology, 93(6), 1367-1377.

En intégrant des méthodes de comptage hétérogènes (relevés au sol, photographies aériennes, imagerie satellite) sur trois décennies, l'étude établit une tendance régionale robuste malgré le bruit méthodologique site par site, confirmant que le signal de déclin de la péninsule n'est pas un artefact d'échantillonnage.

Question non résolue

Le manchot Adélie est largement utilisé comme bio-indicateur de la santé de l'écosystème antarctique, mais la littérature documente surtout qu'il réagit aux mêmes changements que les autres consommateurs de krill (phoques, baleines, autres manchots) — pas qu'une variation de sa propre population entraîne, en retour, des effets mesurables sur ces autres espèces.

Insuffisante
Détail

Être un bon indicateur (répondre fidèlement et rapidement aux changements de l'écosystème) et être un moteur de cascade trophique (faire changer les autres espèces par sa propre abondance) sont deux rôles écologiques différents, souvent confondus dans la vulgarisation. Le manchot Adélie est solidement établi dans le premier rôle, beaucoup moins dans le second.

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