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Lion d'Afrique

Panthera leo

23 000 individus adultes et subadultes
Risque d'extinction Vulnérable
Prédateur apicalSavaneLibération de mésoprédateurMégafauneConflit humain-faune
Lion d'Afrique (Panthera leo)
Photo : Harvey Barrison, Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Élevé
Immédiat

Les grands herbivores africains ne se distribuent pas au hasard sur le territoire : impalas, phacochères, cobes à croissant et koudous évitent activement les zones fréquentées par le lion et le léopard — les deux prédateurs qui chassent à l'affût — mais pas celles fréquentées par le guépard ou le lycaon, qui chassent en poursuite.

Documentée
Détail

Thaker, M., Vanak, A.T., Owen, C.R. et al. (2011). Minimizing predation risk in a landscape of multiple predators: effects on the spatial distribution of African ungulates. Ecology, 92(2), 398–407.

Étude menée dans la réserve clôturée de Karongwe (Afrique du Sud) sur sept espèces d'ongulés en présence de cinq grands prédateurs. Les espèces de petite taille évitent l'ensemble des prédateurs, tandis que les plus grandes (gnou, zèbre, girafe) n'évitent que les zones à forte présence de lion et de léopard — preuve que l'effet du lion sur la distribution spatiale des proies est mesurable et spécifique à son mode de chasse, pas un effet générique de « présence de prédateurs ».

Sur 36 ans

Là où le lion, le léopard et la hyène tachetée ont disparu de trois parcs nationaux ghanéens, les babouins olive — leur ancienne proie occasionnelle et concurrent — ont explosé : 365 % d'augmentation des observations et 500 % d'augmentation de leur aire de fréquentation sur la période.

Documentée
Détail

Taylor, R.A., Ryan, S.J., Brashares, J.S. et Johnson, L.R. (2016). Hunting, food subsidies, and mesopredator release: the dynamics of crop-raiding baboons in a managed landscape. Ecology, 97(4), 951–960 — citant les données de suivi du Ghana Wildlife Division (1968-2004).

Sur les six parcs nationaux étudiés par les services fauniques du Ghana, les grands prédateurs (lion, léopard, hyène tachetée) se sont éteints localement dans trois d'entre eux entre 1968 et 2004. Dans ces parcs sans prédateur apical, le babouin olive est passé d'une alimentation largement herbivore et frugivore à un régime omnivore incluant de petits vertébrés, et a considérablement étendu son territoire — un cas classique de libération de mésoprédateur documenté sur un intervalle de plusieurs décennies plutôt que par un instantané.

Prochaines décennies

Si l'explosion des babouins observée au Ghana se reproduit ailleurs où le lion recule, l'expansion de leur territoire pourrait multiplier les incursions hors des parcs et les conflits avec les cultures agricoles environnantes.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de Taylor et al. (2016), dont le modèle mathématique s'appuie sur les données ghanéennes pour projeter la dynamique de maraudage des babouins, sans confirmer empiriquement que ce schéma se reproduit dans d'autres écosystèmes africains où le lion décline.

Le modèle de Taylor et al. relie explicitement la perte de prédateurs apicaux à une hausse du maraudage des cultures par les babouins en zone périphérique des parcs, avec des conséquences économiques et un risque accru de conflit humain-faune. C'est un mécanisme plausible et cohérent avec le cas ghanéen documenté, mais qui n'a pas été mesuré ailleurs de la même façon.

Ce qui manque pour confirmer : Une réplication de l'étude du Ghana dans d'autres parcs d'Afrique de l'Est ou australe où le lion est en déclin confirmerait si la libération du babouin — et le conflit humain-faune qui en découle — est un schéma général plutôt qu'un cas local.

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