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Crocodile du Nil

Crocodylus niloticus

60 000 individus matures
Risque d'extinction Préoccupation mineure
Prédateur apicalCours d'eauEspèce clé de voûteCycle des nutriments
Crocodile du Nil (Crocodylus niloticus)
Photo : Charles J. Sharp, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Modéré
1 an

Sans la prédation sélective qu'exerce normalement le crocodile — qui élimine en priorité les poissons les plus faibles ou malades — les populations de poissons de ces cours d'eau ne seraient plus soumises au même tri : dès la première année, les individus les moins vigoureux auraient autant de chances de survivre et de se reproduire que les autres.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir du rôle de prédateur sélectif documenté par Ferreira, S.M. et Pienaar, D. (2011). Degradation of the crocodile population in the Olifants River Gorge of Kruger National Park, South Africa. Aquatic Conservation: Marine and Freshwater Ecosystems, 21(2), 155–164 — aucune étude ne mesure directement ce basculement dans l'année suivant une disparition du crocodile.

Ferreira & Pienaar identifient le crocodile du Nil comme une espèce clé de voûte des écosystèmes aquatiques d'Afrique australe, notamment par la prédation sélective qu'il exerce sur les poissons. Ce point suppose l'effet inverse d'une disparition, sans qu'aucune étude ne mesure directement la composition des populations de poissons dans l'année suivant un tel événement.

Ce qui manque pour confirmer : Une mesure directe de la composition des populations de poissons dans l'année suivant une disparition réelle du crocodile, plutôt qu'une déduction à partir de son rôle de prédateur sélectif documenté en sa présence.

10 ans

Une décennie plus tard, ce ne serait plus seulement la sélection des proies qui manquerait : le crocodile recycle aussi les nutriments en consommant de grosses carcasses que peu d'autres charognards de ces cours d'eau peuvent traiter — sans lui, elles s'accumuleraient et se décomposeraient sur place plutôt que d'être redistribuées dans le système.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir du rôle de recyclage de nutriments documenté par Ferreira & Pienaar (2011) parmi les fonctions clés de voûte du crocodile du Nil.

Ferreira & Pienaar mentionnent, aux côtés de la prédation sélective, le recyclage de nutriments et le maintien de refuges d'eau pendant les sécheresses parmi les fonctions clés de voûte du crocodile. Aucune étude ne mesure directement l'accumulation de carcasses non consommées après sa disparition ; ce point extrapole cette fonction documentée jusqu'à son absence complète.

Ce qui manque pour confirmer : Une mesure directe de l'accumulation de carcasses non consommées après une disparition réelle du crocodile, plutôt qu'une déduction à partir de son rôle général de recycleur de nutriments.

100 ans

Un siècle sans crocodile, et le tri qu'il exerçait sur les poissons comme le recyclage des carcasses auraient cessé depuis si longtemps que d'autres processus plus lents — décomposition bactérienne, petits charognards — auraient eu le temps de prendre le relais, sans jamais retrouver la même vitesse ni la même échelle : un système qui traite ses poissons morts et ses carcasses bien plus lentement qu'avant.

Hypothèse
1000 ans

Sur mille ans, ce ne serait plus seulement une question de vitesse : les mares profondes que le crocodile contribuait à entretenir comme refuges d'eau pendant les sécheresses auraient eu le temps de se remplir de sédiments et de rétrécir sans son activité, privant les autres espèces de ces réserves lors des périodes les plus sèches — un paysage qui garde moins d'eau, pas seulement moins de crocodiles.

Hypothèse

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