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Hippopotame commun

Hippopotamus amphibius

122 500 individus
Risque d'extinction Vulnérable
MégaherbivoreCycle des nutrimentsCours d'eauIngénieur d'écosystèmeControverse scientifique
Hippopotame commun (Hippopotamus amphibius)
Photo : Bernard Gagnon, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Élevé
1 an

Le flux de silicium que l'hippopotame transporte chaque jour des prairies vers l'eau — jusqu'à 76 % de l'apport total dans certaines rivières est-africaines — s'arrête net. Au même moment, sans ses excréments qui s'accumulaient dans les mares, les crues cessent de provoquer les chutes d'oxygène qui tuaient des poissons en aval.

Documentée
Détail

Extrapolation directe à partir de Schoelynck et al. (2019), qui quantifie le flux de silicium entièrement porté par l'hippopotame vivant, et de Dutton et al. (2018), qui lie les hécatombes de poissons à l'accumulation de matière organique dans les mares à hippopotames — l'arrêt de ces deux processus suit directement de la disparition de l'animal qui les produit.

Schoelynck et al. (2019) montrent que l'hippopotame transporte environ 0,4 tonne de silicium par jour depuis les prairies terrestres vers l'eau, court-circuitant les processus de rétention lents du sol — un apport qui cesse dès que l'animal disparaît. Dutton et al. (2018) montrent de leur côté que 13 des 49 crues suivies pendant trois ans ont provoqué une chute marquée de l'oxygène dissous à cause de la matière organique accumulée dans les mares à hippopotames, avec neuf hécatombes de poissons documentées sur cinq ans — un mécanisme qui disparaît avec l'animal qui l'alimente.

10 ans

Privée de cet apport quotidien de silicium, la base de la chaîne alimentaire aquatique commencerait à s'appauvrir : les diatomées — de minuscules algues qui ont besoin de silicium pour construire leur coquille — se raréfieraient peu à peu, laissant moins de nourriture pour tout ce qui s'en nourrit.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de Schoelynck et al. (2019), qui établit l'ampleur du flux de silicium porté par l'hippopotame et son rôle essentiel pour les diatomées, sans mesurer directement l'évolution de leur population dans les dix ans suivant l'arrêt de cet apport.

L'étude établit que le silicium apporté par l'hippopotame soutient la production de diatomées, à la base de la chaîne alimentaire aquatique. Rien ne mesure directement, en revanche, à quelle vitesse cette production décline une fois l'apport coupé — le raisonnement part du rôle documenté du silicium pour les diatomées, pas d'un suivi réel de dix ans sans hippopotame.

Ce qui manque pour confirmer : Aucune étude ne suit une population de diatomées sur dix ans après l'arrêt réel de l'apport de silicium par l'hippopotame.

100 ans

Un siècle plus tard, ce déficit ne se serait pas résorbé : Schoelynck et ses collègues notent que l'hippopotame court-circuitait les lents processus de rétention du sol, seuls capables d'acheminer un peu de silicium vers l'eau en son absence — beaucoup plus lentement que son transport quotidien. La production de diatomées resterait durablement sous son niveau d'avant sa disparition.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de Schoelynck et al. (2019), qui documente le contraste entre le transport rapide assuré par l'hippopotame et les processus de rétention lents du sol qui subsisteraient seuls en son absence, sans mesurer directement l'état du système à cent ans.

L'étude ne mesure pas ce qui se passe un siècle après la disparition de l'hippopotame — elle établit seulement que son transport de silicium est rapide comparé aux processus naturels du sol, qui continueraient d'en acheminer un peu, mais lentement. Aucun site réel où l'hippopotame a disparu depuis un siècle n'a été trouvé dans les sources réunies ici pour confirmer directement ce déficit prolongé.

Ce qui manque pour confirmer : Aucun site réel où l'hippopotame a disparu depuis environ un siècle n'a été trouvé dans les sources réunies ici pour confirmer ce déficit à cette échelle de temps.

1000 ans

Sur mille ans, la chaîne alimentaire aquatique se serait vraisemblablement réorganisée autour de ce silicium plus rare — une productivité de base durablement plus faible, pas un simple retour à l'ancien équilibre même si un autre apport venait un jour compenser, puisque rien ne remplace à la vitesse à laquelle l'hippopotame le transportait.

Hypothèse