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Tortue luth

Dermochelys coriacea

trajectoire très inégale selon la population régionale — aussi peu…
Risque d'extinction Vulnérable
Milieu marinControverse scientifiqueMigrationDéclin catastrophique
Tortue luth (Dermochelys coriacea)
Photo : Bernard DUPONT, Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Faible
1 an

Sans tortue luth, une bonne partie des méduses mangées chaque jour dans certaines eaux ne le sont plus : un individu adulte en avale en moyenne 330 kg par jour, jusqu'à 840 kg certains jours, et revenait année après année dans les mêmes zones où les méduses s'amassent.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de Heaslip, Iverson, Bowen et James (2012) et de Houghton et al. (2006), qui documentent la consommation de méduses par la tortue luth vivante et sa fidélité à des zones d'agrégation précises, pas la conséquence de sa disparition sur ces zones.

Heaslip et al. (2012) ont mesuré par caméras embarquées une consommation moyenne de 330 kg de méduses par jour (jusqu'à 840 kg certains jours), soit 73 % du poids corporel de l'animal. Houghton et al. (2006) montrent par relevés aériens que des zones d'agrégation de méduses en mer Celtique restent stables d'une année à l'autre, et que les tortues y reviennent fidèlement. La disparition de la tortue retirerait cette prédation précise et récurrente de ces zones.

Ce qui manque pour confirmer : Aucune étude ne mesure ce qui arrive aux méduses de ces zones une fois cette prédation retirée — le raisonnement part de la régularité documentée du comportement de chasse, pas d'un site réel observé après disparition.

10 ans

Dix ans après sa disparition, les méduses n'auraient sans doute pas simplement explosé en retour, contrairement à une idée reçue : une revue scientifique juge ce lien largement non démontré, la plupart des études invoquées montrant seulement que les méduses ont des prédateurs, pas qu'un déclin de ceux-ci les fait vraiment proliférer.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de Pitt, Lucas, Condon, Duarte et Stewart-Koster (2018), qui évaluent ce mécanisme prédateur-méduses à l'échelle de multiples espèces et jugent la preuve largement indirecte — l'étude ne teste pas spécifiquement la tortue luth.

Sur les 11 articles soutenant le plus directement le mécanisme « perte de prédateurs de méduses → prolifération de méduses », les auteurs jugent que 9 reposent sur une inférence plutôt qu'une démonstration directe. Aucun de ces articles ne porte spécifiquement sur la tortue luth — l'extrapolation à cette espèce reste donc à confirmer.

Ce qui manque pour confirmer : Un suivi direct des populations de méduses dans une zone après la disparition réelle de la tortue luth permettrait de tester le lien plutôt que de s'appuyer sur une revue générale portant sur d'autres espèces.

100 ans

Un siècle après sa disparition, d'autres gros mangeurs de méduses déjà présents dans les mêmes eaux — poisson-lune, certaines autres tortues marines — auraient sans doute repris une partie de cette chasse, sans laisser de vide durable dans la population de méduses.

Hypothèse
1000 ans

Sur mille ans, la chasse aux méduses se serait réorganisée depuis longtemps autour des espèces encore présentes, sans que la disparition de la tortue luth laisse de trace reconnaissable dans le fonctionnement des océans.

Hypothèse

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