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Tortue imbriquée

Eretmochelys imbricata

21 500 femelles nidifiantes à l'échelle mondiale, estimation médiane
Risque d'extinction En danger critique
Récif corallienMilieu marinDéclin catastrophiqueSurpêche
Tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata)
Photo : Diego Delso, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Élevé
En continu

La tortue imbriquée ne se nourrit pas d'éponges au hasard : une étude de son régime montre qu'elle sélectionne quelques espèces précises, dont Chondrilla nucula, une éponge par ailleurs connue pour sa capacité à envahir rapidement l'espace disponible sur le récif au détriment des coraux.

Documentée
Détail

León, Y.M. & Bjorndal, K.A. (2002). Selective feeding in the hawksbill turtle, an important predator in coral reef ecosystems. Marine Ecology Progress Series, 245, 249-258.

L'étude documente le contenu digestif et les préférences alimentaires de tortues imbriquées en République dominicaine, confirmant que l'espèce ne consomme pas les éponges du récif en proportion de leur abondance mais cible préférentiellement certaines espèces à croissance rapide.

Depuis 1998

Une expérience de terrain confirme le mécanisme en amont : exclure les prédateurs d'éponges d'une parcelle de récif — au moyen de cages — permet aux éponges de recouvrir davantage de corail que sur des parcelles témoins, prouvant que la prédation sur les éponges libère bien de l'espace pour les coraux. Mais l'expérience porte surtout sur les poissons-anges, principaux prédateurs testés par exclusion, pas spécifiquement sur la tortue imbriquée.

Extrapolée
Détail

Hill, M.S. (1998). Spongivory on Caribbean reefs releases corals from competition with sponges. Oecologia, 117(1-2), 143-150.

Expérience menée en Floride. La tortue imbriquée partage sa proie principale (Chondrilla nucula) avec les poissons-anges spongivores testés dans cette expérience, ce qui rend plausible un effet similaire de son propre broutage — mais aucune cage d'exclusion n'a isolé l'effet spécifique de la tortue, trop rare et trop grande pour ce type de dispositif expérimental à petite échelle.

Ce qui manque pour confirmer : Une comparaison de la couverture corallienne entre récifs avec et sans tortues imbriquées présentes, à densité de poissons-anges comparable, pour isoler l'effet propre de la tortue.

Depuis des décennies

Quelques populations régionales de tortue imbriquée augmentent après des décennies de protection des plages de ponte, mais aucune étude n'a encore mesuré si ce rétablissement se traduit par un recul mesurable des éponges envahissantes ou un gain de couverture corallienne sur les récifs concernés.

Insuffisante
Détail

Le rétablissement d'une population de tortues se mesure sur les plages de ponte, un indicateur direct et bien suivi ; l'effet de ce rétablissement sur la compétition éponge-corail se joue sous l'eau, sur des sites de nourrissage souvent distincts des sites de ponte, ce qui rend le lien beaucoup plus difficile à établir et à financer.