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Salamandre géante de Chine

Andrias davidianus

24 individus détectés (relevé de 97 comtés)
Risque d'extinction En danger critique
Quasi-extinctionCours d'eauDéclin catastrophiqueControverse scientifique
Salamandre géante de Chine (Andrias davidianus)
Photo : J. Patrick Fischer, Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Modéré
1 an

Comme plus grand amphibien vivant au monde et probable prédateur d'embuscade nocturne dans ses cours d'eau de montagne, la salamandre géante de Chine cesserait presque aussitôt d'exercer sa pression de chasse sur les poissons et les invertébrés aquatiques qui partagent son habitat, leur laissant une marge de manœuvre qu'elle limitait jusque-là.

Hypothèse
10 ans

Sur dix ans, cette pression en moins profiterait vraisemblablement à certaines espèces de poissons et d'invertébrés qu'elle chassait, qui gagneraient en nombre et modifieraient l'équilibre entre espèces dans les fosses profondes de ces cours d'eau de montagne — au détriment probable des espèces les plus vulnérables à cette compétition accrue.

Hypothèse
100 ans

Sur une bonne partie de son aire, ces cours d'eau de montagne fonctionnent déjà sans salamandre confirmée à l'état sauvage depuis plusieurs décennies : la population s'est effondrée de plus de 80 % entre 1980 et 2000, et un relevé récent couvrant 97 comtés n'a pu confirmer aucun individu réellement sauvage. Si son rôle de prédateur se confirme, poissons et invertébrés de ces cours d'eau vivent donc déjà, dans les faits, sans leur régulateur historique depuis plusieurs générations.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de Turvey et al. (2018) : l'effondrement documenté de la population sauvage (80 % de perte entre 1980 et 2000, aucun individu confirmé sauvage lors du relevé de 97 comtés) est ici interprété comme une disparition fonctionnelle déjà en cours depuis plusieurs décennies dans une bonne partie de l'aire de répartition, sans qu'aucune étude ne mesure la réponse des poissons et invertébrés à cette absence.

L'effondrement de plus de 80 % entre 1980 et 2000 et l'absence de tout individu confirmé sauvage lors du relevé de 2018 sont des faits directement mesurés. Ce qui reste une extrapolation, c'est le lien entre cette quasi-disparition et l'état des communautés de poissons et d'invertébrés de ces cours d'eau, jamais étudié directement.

Ce qui manque pour confirmer : Aucune étude n'a comparé l'état des communautés de poissons et d'invertébrés dans des cours d'eau où la salamandre a disparu depuis des décennies à des cours d'eau comparables où elle serait encore présente — une comparaison rendue difficile par la quasi-absence de populations sauvages confirmées où que ce soit.

1000 ans

Sur un millénaire, même une restauration réussie ne ramènerait sans doute pas le même équilibre : les lâchers massifs depuis les fermes d'élevage ont déjà mélangé des lignées qui avaient évolué séparément, bassin par bassin, pendant des millions d'années, et rien ne garantit qu'une population future, génétiquement homogénéisée, jouerait exactement le même rôle de régulation locale que celle qui a disparu dans chacun de ces cours d'eau.

Hypothèse