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Puma

Puma concolor

moins de 50 000 individus reproducteurs à l'échelle des Amériques, en…
Risque d'extinction Préoccupation mineure
Prédateur apicalCours d'eauForêt tempérée
Puma (Puma concolor)
Photo : Charles J. Sharp, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Élevé
1 an

Dès la première année sans puma dans un canyon, les cerfs mulets qui l'occupent perdraient une bonne partie de leur vigilance envers les zones à risque — le même relâchement documenté ailleurs quand un grand félin cesse de fréquenter un territoire — et se mettraient à brouter plus longtemps aux mêmes endroits.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de Ripple, W.J. & Beschta, R.L. (2006), qui mesurent un broutage plus intense du cerf mulet là où le puma a disparu de Zion Canyon, sans dater précisément à quelle vitesse ce changement de comportement s'installe une fois le puma parti.

L'étude de Zion compare un état stable avec puma à un état stable sans puma après des années de désertion du canyon, sans mesurer la vitesse à laquelle le comportement des cerfs a changé au début. Le changement de comportement (moins de vigilance, broutage plus soutenu) est un mécanisme bien établi chez d'autres félins et canidés apicaux et précède logiquement les effets sur la végétation mesurés à Zion, mais son calendrier précis pour le puma n'est pas documenté ici.

Ce qui manque pour confirmer : Aucune mesure directe de la vigilance du cerf mulet dans l'année suivant la disparition du puma d'un site donné — seul l'état final, après des années d'absence, est mesuré à Zion.

10 ans

Avec les années, dans les canyons désertés par le puma sous la pression de la fréquentation humaine, le cerf mulet devenu plus abondant et plus intensément brouteur a fait chuter le recrutement des jeunes peupliers deltoïdes riverains, augmenté l'érosion des berges, et fait reculer papillons, grenouilles, lézards et fleurs sauvages associés à ces rives boisées — comparé à un canyon voisin où le puma est resté présent.

Documentée
Détail

Ripple, W.J. & Beschta, R.L. (2006). Linking a cougar decline, trophic cascade, and catastrophic regime shift in Zion National Park. Biological Conservation, 133(4), 397–408.

Les auteurs comparent deux canyons du même parc : Zion Canyon, très fréquenté et pratiquement sans puma, et un canyon voisin peu fréquenté où le puma reste présent. Le canyon à puma montre un recrutement de peupliers nettement supérieur, des berges plus stables, et davantage de papillons, de grenouilles, de lézards et de fleurs sauvages — une comparaison appariée plutôt qu'une simple corrélation temporelle.

100 ans

Le puma a décliné sous la pression humaine dans la vallée de Yosemite dès le début du XXe siècle, et le recrutement des chênes noirs y est en forte baisse depuis les années 1920 — près d'un siècle plus tard, une dynamique semblable à celle de Zion est proposée, mais la suppression des feux naturels sur la même période complique l'attribution d'une cause unique.

Extrapolée
Détail

Ripple, W.J. & Beschta, R.L. (2008). Trophic cascades involving cougar, mule deer, and black oaks in Yosemite National Park. Biological Conservation, 141(5), 1249–1256.

Contrairement à la comparaison appariée de Zion, l'étude de Yosemite repose sur une seule vallée suivie dans le temps, sans canyon témoin équivalent. Les auteurs présentent eux-mêmes ce lien comme une cascade potentielle plutôt qu'établie, parce que la politique de suppression des incendies appliquée sur la même période affecte elle aussi indépendamment le recrutement des chênes.

Ce qui manque pour confirmer : Une comparaison contrôlée entre vallées à puma et sans puma, comparable à celle de Zion, permettrait de démêler l'effet du puma de celui de la suppression des feux sur le recrutement des chênes de Yosemite.

1000 ans

Sur mille ans, d'autres prédateurs comme le coyote ou l'ours combleraient sans doute une partie du vide laissé par le puma, mais sans jamais recréer la même prudence chez le cerf face aux fonds de vallée à découvert où l'embuscade du puma le rendait vulnérable. Les galeries de peupliers et les chênaies qui mettent des siècles à s'installer resteraient probablement plus clairsemées, même si le puma finissait par revenir.

Hypothèse