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Loutre de mer

Enhydra lutris

128 902 individus
Risque d'extinction En danger
PrédateurEspèce clé de voûteForêt de varechMilieu marin
Loutre de mer (Enhydra lutris)
Photo : Mike Baird, Wikimedia Commons (CC BY 2.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Majeur
5 à 30 ans

Sans loutre, les oursins prolifèrent sans prédateur et rasent la forêt de varech jusqu'à son crampon — un « désert d'oursins » qui persiste tant que la loutre reste absente.

Documentée
Détail

Estes, J.A. et Palmisano, J.F. (1974). Sea otters: Their role in structuring nearshore communities. Science, 185(4156), 1058–1060.

En comparant des îles de l'archipel des Aléoutiennes où la loutre avait été éliminée par la chasse commerciale à des îles où elle restait présente, les auteurs ont montré que son absence prolongée laisse les oursins proliférer, brouter le varech jusqu'à la racine, et transformer le fond marin en étendue quasi nue. L'effet a depuis été reproduit dans d'autres archipels du Pacifique Nord.

Plusieurs décennies

Une forêt de varech disparue capte et stocke moins de carbone : une modélisation chiffre cette perte de service à l'échelle du Pacifique Nord si la loutre ne revient pas.

Extrapolée
Détail

Wilmers, C.C., Estes, J.A., Edwards, M., Laidre, K.L. et Konar, B. (2012). Do trophic cascades affect the storage and flux of atmospheric carbon? An analysis of sea otters and kelp forests. Frontiers in Ecology and the Environment, 10(8), 409–415.

En combinant quarante ans de données sur les loutres et l'état des forêts de varech, de l'île de Vancouver aux îles Aléoutiennes, les auteurs modélisent la quantité de carbone supplémentaire captée par le varech dense là où la loutre est présente, comparée aux zones en « désert d'oursins ». C'est une estimation issue d'un modèle, pas une mesure directe du carbone atmosphérique.

Ce qui manque pour confirmer : Le modèle chiffre un potentiel de captation, pas un flux réellement mesuré jusque dans l'atmosphère — la part qui y parvient réellement dépend de facteurs non couverts par l'étude (courants, profondeur d'enfouissement du carbone).

Un siècle et plus

Cumulée à d'autres forêts de varech en déclin, cette perte de stockage carbone s'ajoute — modestement, pas seule ni de façon déterminante — à la difficulté globale de limiter le carbone atmosphérique.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de Wilmers et al. (2012) : le raisonnement du modèle appliqué sur un horizon plus long et cumulé à d'autres écosystèmes côtiers en déclin, pas un résultat publié pour cet horizon précis.

Les forêts de varech ne sont qu'un des puits de carbone côtiers en déclin dans le monde. Étendre le raisonnement de Wilmers et al. sur un siècle et à l'échelle de plusieurs écosystèmes comparables suggère une contribution cumulative — mais modeste par rapport aux grandes sources d'émissions humaines, jamais présentée comme un facteur déterminant à elle seule.

Ce qui manque pour confirmer : Combien le réchauffement et l'acidification des océans auront eux-mêmes changé la trajectoire des forêts de varech, indépendamment du retour ou non de la loutre, sur un horizon aussi long.

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