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Loutre de mer

Enhydra lutris

128 902 individus
Risque d'extinction En danger
PrédateurEspèce clé de voûteForêt de varechMilieu marin
Loutre de mer (Enhydra lutris)
Photo : Mike Baird, Wikimedia Commons (CC BY 2.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Majeur
1 an

Sans loutre, plus rien ne limite les oursins qu'elle chassait : leur population se met tout de suite à croître, sans le moindre prédateur pour la freiner.

Documentée
Détail

Estes, J.A. et Palmisano, J.F. (1974). Sea otters: Their role in structuring nearshore communities. Science, 185(4156), 1058–1060.

En comparant des îles des Aléoutiennes où la loutre avait été éliminée par la chasse commerciale à des îles où elle restait présente, Estes et Palmisano ont établi que son rôle de prédateur des oursins est le moteur de tout le système : dès que ce contrôle disparaît, la population d'oursins n'a plus aucun frein.

10 ans

En quelques années à quelques décennies, ces oursins livrés à eux-mêmes rasent la forêt de varech jusqu'à son crampon, transformant le fond marin en un « désert d'oursins » qui persiste tant que la loutre reste absente.

Documentée
Détail

Estes, J.A. et Palmisano, J.F. (1974). Sea otters: Their role in structuring nearshore communities. Science, 185(4156), 1058–1060.

Le même travail montre que cette transformation, une fois enclenchée, est rapide à l'échelle écologique — observée sur plusieurs îles dans un délai de quelques années à environ trois décennies selon les sites — et l'effet a depuis été reproduit dans d'autres archipels du Pacifique Nord.

100 ans

La chasse commerciale avait déjà éliminé la loutre de plusieurs îles des Aléoutiennes des décennies avant qu'Estes et Palmisano ne les étudient en 1974 — pour certaines, une absence approchant un siècle. Ce désert d'oursins durable aurait alors emporté avec lui la forêt de varech, et le carbone qu'elle capte, à l'échelle de toute la région.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir du fait historique de l'élimination de la loutre par la chasse commerciale sur plusieurs îles des Aléoutiennes bien avant l'étude d'Estes et Palmisano (1974), combiné à Wilmers, Estes, Edwards, Laidre et Konar (2012), qui modélisent la perte de stockage carbone associée à l'état de désert d'oursins.

Estes et Palmisano notent explicitement que la loutre avait été éliminée par la chasse commerciale sur certaines des îles étudiées avant leur propre relevé — une chasse qui s'est étalée du 18e siècle jusqu'à sa quasi-fin autour de 1911. Wilmers et al. (2012) chiffrent, à partir de quarante ans de données, le carbone supplémentaire capté par un varech dense par rapport à une zone en désert d'oursins ; appliqué à une absence approchant un siècle sur ces îles, ce modèle implique une perte de captation cumulée sur une échelle de temps comparable.

Ce qui manque pour confirmer : Aucune mesure directe du carbone réellement perdu sur ces îles précises durant leur siècle d'absence de loutre n'a été trouvée — seul le modèle de Wilmers et al. permet d'en estimer l'ordre de grandeur.

1000 ans

Sur mille ans, même si la loutre revenait, la forêt de varech ne repartirait pas forcément d'elle-même : un désert d'oursins qui dure assez longtemps peut devenir un état stable à sa manière, où les oursins résistent à la recolonisation du varech plutôt que de lui laisser la place.

Hypothèse

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