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Lémur fauve

Eulemur fulvus

Aucun chiffre global précis ; déclin estimé à 30 % sur trois…
Risque d'extinction Vulnérable
Disperseur de grainesForêt tropicaleEspèce clé de voûte
Lémur fauve (Eulemur fulvus)
Photo : David Dennis, Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Élevé
1 an

Le lémur fauve est, sur son site d'étude, le plus gros frugivore encore présent — il retire à lui seul jusqu'à 58,8 % de la récolte de fruits d'Astrotrichilia asterotricha (en saison sèche) et 26,0 % de celle d'Abrahamia deflexa (en saison des pluies). Sans lui, ces fruits resteraient sur place, sous l'arbre parent, au lieu d'être emportés et dispersés ailleurs.

Documentée
Détail

Sato, H. (2022). Significance of seed dispersal by the largest frugivore for large-diaspore trees. Scientific Reports, 12, 19086.

L'auteur mesure directement le taux de retrait des fruits par les lémurs fauves sur deux espèces à fructification décalée dans l'année (saison sèche pour l'une, saison des pluies pour l'autre) — la disparition du lémur arrête donc cette fonction dès la prochaine saison de fructification, sans délai.

10 ans

Répétée sur plusieurs saisons de fructification, cette absence de dispersion prive en particulier les 23 espèces végétales qui dépendent entièrement du lémur fauve — leurs graines dépassent 10 mm de diamètre, trop grosses pour tout autre animal disponible sur le site. Leurs semis, faute d'être emportés, s'accumuleraient et resteraient regroupés autour de l'arbre parent plutôt que de coloniser de nouvelles zones de la forêt — exactement le schéma déjà observé dans les forêts malgaches où les grands frugivores ont décliné.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de Sato, H. (2022). Significance of seed dispersal by the largest frugivore for large-diaspore trees. Scientific Reports, 12, 19086 — qui observe ce regroupement des semis autour de l'arbre parent dans des forêts où les grands frugivores ont déjà décliné, ici étendu à l'échelle temporelle d'une disparition complète et prolongée sur un site donné.

Dans les forêts où les grands frugivores ont disparu ou décliné, l'auteur observe que les semis et jeunes plants des espèces à grosses graines s'y trouvent en bien plus faible densité, et regroupés autour de l'arbre parent plutôt que dispersés — un signe de rupture de la régénération forestière. Ce constat, fait sur des forêts déjà appauvries, est ici transposé à ce que produirait, sur une décennie, la disparition du lémur d'un site qui l'a encore aujourd'hui.

Ce qui manque pour confirmer : Aucune mesure du délai précis entre la perte du disperseur et l'apparition visible de ce regroupement des semis n'a été trouvée dans les sources réunies ici.

100 ans

Sur un siècle, les 23 espèces entièrement dépendantes du lémur fauve n'auraient toujours aucun agent capable de disperser leurs grosses graines : leur régénération resterait cantonnée aux abords immédiats des arbres-mères, et leur présence reculerait vraisemblablement au profit d'espèces à petites graines, dispersées par le vent ou la gravité, capables elles de coloniser de nouveaux espaces.

Hypothèse
1000 ans

Sur un millénaire, plusieurs générations de grands arbres à grosses graines se seraient succédé sans jamais retrouver de disperseur adapté : leur part dans la forêt reculerait durablement, remplacée par des espèces à petites graines mieux servies par le vent ou la gravité. Même si un disperseur de taille comparable venait un jour combler ce vide, il trouverait une forêt dont la proportion de grands arbres à grosses graines ne reviendrait probablement jamais tout à fait à ce qu'elle était.

Hypothèse