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Flamant rose

Phoenicopterus roseus

615 000 individus
Risque d'extinction Préoccupation mineure
Zone humideCycle des nutrimentsIngénieur d'écosystème
Flamant rose (Phoenicopterus roseus)
Photo : Giles Laurent, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Modéré
1 an

Sans flamant rose en nombre, une lagune salée perd presque aussitôt l'apport d'azote et de phosphore que ses fientes et le remaniement du sédiment par ses pattes déversaient dans l'eau — un apport qui, mesuré à Fuente de Piedra, double quasiment la vitesse de croissance des bactéries qui soutiennent le reste de la chaîne alimentaire.

Documentée
Détail

Batanero, G.L., León-Palmero, E., Li, L., Green, A.J., Rendón-Martos, M., Suttle, C.A. & Reche, I. (2017). Flamingos and drought as drivers of nutrients and microbial dynamics in a saline lake. Scientific Reports, 7, 12173.

Durant une année humide, plus de 50 000 flamants ont fréquenté la lagune de Fuente de Piedra (Málaga) ; durant la sécheresse suivante, la population s'est effondrée à 12 000 oiseaux sans reproduction. Les auteurs montrent que les apports d'azote et de phosphore par les fientes étaient nettement plus élevés l'année humide, et qu'un ajout de guano en laboratoire fait presque doubler le taux de croissance et la capacité de charge des bactéries hétérotrophes, via l'assimilation du phosphore.

10 ans

Cette production bactérienne affaiblie priverait, au fil des années, le zooplancton et les invertébrés aquatiques d'une partie de leur base alimentaire — la même ressource dont profitent d'autres oiseaux d'eau, comme les avocettes et les échasses, qui partagent ces lagunes salées avec le flamant.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de Batanero et al. (2017) : l'effet mesuré sur la production bactérienne étendu aux niveaux trophiques supérieurs, pas un résultat publié pour ces niveaux.

Les lagunes salées où nichent les flamants abritent aussi avocettes, échasses et gravelots, qui dépendent des mêmes invertébrés aquatiques. Si l'enrichissement en nutriments d'origine aviaire profite réellement à ces niveaux, il n'existe pas encore de suivi reliant directement la présence de flamants à l'abondance de zooplancton ou de poissons dans ces sites.

Ce qui manque pour confirmer : Un suivi comparant zooplancton, invertébrés benthiques ou poissons entre des lagunes à forte et à faible fréquentation de flamants confirmerait si l'effet nutritif mesuré au niveau bactérien se propage à la chaîne alimentaire.

100 ans

Sur cent ans sans retour du flamant, une lagune salée resterait vraisemblablement enfermée dans un état plus pauvre : privée de l'apport régulier de fientes qui soutient sa base bactérienne, la chaîne alimentaire qui en dépend — zooplancton, invertébrés, poissons, puis les autres oiseaux d'eau — se stabiliserait probablement à un niveau de productivité durablement plus bas, plutôt que de retrouver seule son état antérieur.

Hypothèse
1000 ans

Sur mille ans, même si des flamants finissaient par revenir, la communauté de micro-organismes et d'invertébrés qui se serait entre-temps adaptée à ce régime de nutriments plus pauvre ne redeviendrait sans doute pas identique à celle d'avant — un nouvel équilibre, différent de l'original, se serait installé.

Hypothèse