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Étoile de mer tournesol
Pycnopodia helianthoides
Et si elle disparaissait ?
Impact MajeurDepuis 2013, une maladie du dépérissement a fait chuter l'étoile de mer tournesol de 80 à 100 % sur environ 3 000 km de côte du Pacifique Nord-Est, en coïncidence avec des eaux anormalement chaudes — l'un des effondrements de prédateur marin les plus rapides jamais documentés.
DocumentéeDétail
Harvell, C.D., Montecino-Latorre, D., Caldwell, J.M. et al. (2019). Disease epidemic and a marine heat wave are associated with the continental-scale collapse of a pivotal predator (Pycnopodia helianthoides). Science Advances, 5(1), eaau7042.
Les auteurs combinent près de 11 000 relevés de plongée en eaux peu profondes (2006-2017, Californie à Alaska) et près de 9 000 relevés par chalutage en eaux profondes (2004-2016, Californie à Washington). Le pic du déclin coïncide avec les eaux de surface anormalement chaudes du « blob » du Pacifique — signe que la maladie et le stress thermique ont agi ensemble plutôt que séparément.
Sans étoile tournesol pour les réguler, les oursins violets ont été multipliés par 60 en une seule année dans le nord de la Californie, rasant 95 % du couvert de varech géant sur plus de 350 km de côte et provoquant la fermeture de deux pêcheries.
DocumentéeDétail
Rogers-Bennett, L. et Catton, C.A. (2019). Marine heat wave and multiple stressors tip bull kelp forest to sea urchin barrens. Scientific Reports, 9, 15050.
La densité d'oursins violets est passée de 0 à 1,7 par m² avant 2014 à 8,2-12,9 par m² dès 2015. La mortalité de l'ormeau rouge qui en a résulté (48 à 82 % entre 2016 et 2017, puis jusqu'à 96 % l'année suivante) a entraîné la fermeture en 2018 de la pêche récréative à l'ormeau (44 millions de dollars par an) et l'effondrement de la pêche commerciale à l'oursin rouge (3 millions de dollars par an) dès 2015.
Une synthèse portant sur plus de 61 000 relevés confirme l'ampleur du désastre à l'échelle de l'aire de répartition entière : 90,6 % de déclin, environ 5,75 milliards d'individus perdus, et une extirpation quasi totale au sud du détroit de Juan de Fuca — au point que l'espèce est classée en danger critique d'extinction.
DocumentéeDétail
Gravem, S.A. et al. (2021). Pycnopodia helianthoides. The IUCN Red List of Threatened Species 2021.
L'évaluation combine 31 jeux de données et 61 043 relevés menés entre 1967 et 2020, des Aléoutiennes à la Basse-Californie, de l'estran jusqu'à 984 m de profondeur — la synthèse la plus complète disponible sur cette espèce, confirmant à l'échelle continentale ce que les études régionales avaient déjà mesuré localement.
Certains fjords de Colombie-Britannique abritent des populations restées stables grâce à l'eau douce de fonte des glaciers, qui repousse les étoiles vers des profondeurs plus fraîches et défavorables à la maladie — un refuge naturel qui pourrait nourrir un rétablissement, mais que le changement climatique menace lui-même en modifiant ces apports d'eau douce.
ExtrapoléeDétail
Extrapolation à partir de Gehman, A.-L.M. et al. (2025). Fjord oceanographic dynamics provide refuge for critically endangered Pycnopodia helianthoides. Proceedings of the Royal Society B, 292(2044), 20242770 — l'étude documente un mécanisme de refuge actuel, pas encore un rétablissement de l'espèce à l'échelle de son aire.
Dans les fjords étudiés, l'afflux d'eau douce en été crée une couche de surface à très faible salinité que l'espèce évite, la forçant à descendre vers des eaux plus froides où la maladie progresse moins bien. La densité y est restée stable, avec des adultes reproducteurs de grande taille absents ailleurs dès 2023 — mais les auteurs notent que le réchauffement climatique menace ce même mécanisme en modifiant les régimes de fonte glaciaire et d'écoulement arctique.
Ce qui manque pour confirmer : Aucun suivi ne confirme encore si ces refuges suffiront, à terme, à réensemencer les populations côtières effondrées plutôt que de simplement retarder leur propre déclin.
Documentation
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IUCN Red List — Pycnopodia helianthoides, évaluation 2021 (Gravem et al.)
Consulté le 14 août 2026
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Harvell et al. (2019) — Disease epidemic and a marine heat wave are associated with the continental-scale collapse of a pivotal predator, Science Advances
Consulté le 14 août 2026
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Rogers-Bennett & Catton (2019) — Marine heat wave and multiple stressors tip bull kelp forest to sea urchin barrens, Scientific Reports
Consulté le 14 août 2026
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Gehman et al. (2025) — Fjord oceanographic dynamics provide refuge for critically endangered Pycnopodia helianthoides, Proceedings of the Royal Society B
Consulté le 14 août 2026
Dernière vérification : 14 août 2026