Espèces → Éléphant de forêt d'Afrique

Éléphant de forêt d'Afrique

Loxodonta cyclotis

30 000 individus
Risque d'extinction En danger critique
MégaherbivoreCarboneForêt tropicaleDisperseur de graines
Éléphant de forêt d'Afrique (Loxodonta cyclotis)
Photo : VIGNA christian, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Majeur
1 an

Sans éléphant de forêt pour piétiner et dévorer les jeunes pousses à croissance rapide qu'il maintient d'ordinaire à l'état de semis, ces essences à bois tendre cesseraient d'être freinées dès la première année et commenceraient à pousser sans entrave dans les clairières et les sentiers qu'il empruntait.

Hypothèse
10 ans

Sur une décennie, ces jeunes arbres à croissance rapide que l'éléphant abattait ou broutait avant qu'ils n'atteignent la canopée commenceraient à s'y frayer un chemin, au détriment des essences à bois dense que sa présence favorisait jusque-là.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de Berzaghi et al. (2019) : l'étude mesure un écart de composition forestière déjà établi, pas le rythme auquel il apparaît après la disparition de l'éléphant.

Berzaghi et al. (2019) comparent des forêts avec et sans éléphant sans préciser depuis quand ces dernières en sont dépourvues ; ce point suppose qu'un premier basculement de la composition forestière, en faveur des essences à croissance rapide, serait déjà perceptible après une dizaine d'années.

Ce qui manque pour confirmer : Aucun suivi à échelle décennale, mesurant la vitesse à laquelle la composition forestière change après la disparition de l'éléphant, n'a été trouvé dans les sources réunies ici — seul l'écart déjà établi entre forêts avec et sans éléphant est mesuré.

100 ans

Dans des secteurs du bassin du Congo où l'éléphant de forêt a disparu depuis longtemps sous l'effet de la chasse, la forêt qui a repoussé stocke aujourd'hui jusqu'à 60 tonnes de biomasse aérienne en moins par hectare que dans des secteurs comparables où il est resté présent — la preuve, mesurée sur le terrain, que cette perte dure bien au-delà de la disparition elle-même.

Documentée
Détail

Berzaghi, F., Longo, M., Ciais, P. et al. (2019). Carbon stocks in central African forests enhanced by elephant disturbance. Nature Geoscience, 12(9), 725–729.

En comparant des forêts où l'éléphant est présent à des forêts comparables d'où il a été éliminé par la chasse, les auteurs montrent que sa perturbation favorise les arbres à bois dense au détriment des essences à croissance rapide et bois tendre — un écart qui reflète des décennies d'absence, pas une différence de lieu sans rapport avec le temps.

1000 ans

Si cette disparition se maintenait à cette échelle de temps dans tout le bassin du Congo, des simulations projettent un relâchement de carbone équivalent à plusieurs années d'émissions fossiles de nombreux pays — une perte de capacité de stockage qui ne se limiterait plus à des parcelles isolées mais toucherait la région entière, et que des arbres à bois dense mettant des siècles à repousser ne referaient pas à l'identique.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de Berzaghi et al. (2019) : résultat d'une simulation par modèle de dynamique forestière, pas une mesure d'un relâchement de carbone déjà survenu.

Le modèle projette ce qui arriverait à la composition forestière du bassin du Congo si le déclin de l'éléphant de forêt se poursuivait sans intervention, à l'échelle de toute la région plutôt que d'une seule parcelle. Le résultat dépend des hypothèses du modèle sur la vitesse de recolonisation forestière et la compétition entre espèces d'arbres en l'absence d'éléphants.

Ce qui manque pour confirmer : Aucune mesure de terrain, à l'échelle du bassin du Congo, ne confirme encore le relâchement de carbone que le modèle projette advenant la poursuite du déclin.