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Dugong

Dugong dugon

Aucun chiffre mondial fiable — espèce trop dispersée sur son aire…
Risque d'extinction Vulnérable
Ingénieur d'écosystèmeMilieu marinHerbivore marinMégaherbivoreCarbone
Dugong (Dugong dugon)
Photo : Julien Willem, Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Modéré
1 an

Sans dugong pour brouter intensément un herbier, celui-ci ne reçoit plus le coup de pouce qui le pousse à repousser plus riche en azote : dès la première année, l'écart peut atteindre 35 % de moins qu'un herbier resté activement brouté.

Documentée
Détail

Aragones, L.V., Lawler, I.R., Foley, W.J. et Marsh, H. (2006). Dugong grazing and turtle cropping: grazing optimization in tropical seagrass systems? Oecologia, 149(4), 635–647.

En simulant expérimentalement un broutage léger et un broutage intensif sur deux herbiers du Queensland tropical, puis en mesurant la repousse après 11 à 13 mois, les auteurs montrent que les espèces préférées du dugong (Halophila ovalis et Halodule uninervis) qui restent intensément broutées repoussent avec une concentration en azote supérieure de 35 % et 25 % respectivement à celle des zones laissées sans broutage — l'état qu'un herbier retrouverait dès la première année sans dugong. Un gain nuancé par une baisse de l'amidon et une hausse des fibres, et que le broutage de la tortue verte reproduit en partie (+30 % d'azote sur Halophila ovalis).

10 ans

Cette perte se répercute sur le carbone stocké : selon une modélisation d'un herbier comparable au Bahreïn, un site resté des années sans dugongs capterait environ deux fois et demie moins de carbone dans son sédiment qu'un herbier toujours brouté par une population d'environ 700 individus.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de Schmitz, O.J. et AlMealla, R.K. (2026). Integrating megafauna into blue carbon strategies: dugongs could enhance seagrass carbon storage. Frontiers in Marine Science, 13, 1816090 — un modèle, pas une mesure de terrain du stock de carbone avant et après broutage.

Le modèle estime que la présence d'environ 700 dugongs sur un herbier de 145 km² au Bahreïn multiplierait la production primaire nette et le bilan carbone net de l'écosystème par 2,4 en moyenne (fourchette 1,1 à 4,2) et le stockage de carbone du sédiment par 2,6 en moyenne (fourchette 1,1 à 7,6), soit environ 79 000 tonnes de carbone captées en plus chaque année. C'est une projection numérique, pas une mesure répétée sur le terrain avant et après une disparition réelle.

Ce qui manque pour confirmer : Aucune mesure directe de terrain, avant et après une disparition réelle de dugongs sur un herbier comparable, ne confirme encore le rythme auquel cet écart de stockage de carbone se creuserait sur une décennie.

100 ans

Sur la côte urbaine du Queensland, la population de dugongs est passée d'environ 72 000 individus au début des années 1960 à environ 4 220 au milieu des années 1990, pour ne plus représenter que 3,1 % de son niveau initial. Si cette quasi-disparition se maintenait sur un siècle, les herbiers qu'ils broutaient autrefois auraient vraisemblablement perdu, à grande échelle, la vigueur de repousse et la richesse en azote que ce broutage entretenait ailleurs.

Hypothèse
1000 ans

Sur mille ans, même si le dugong revenait en nombre, l'herbier n'aurait sans doute pas simplement repris sa forme d'avant : les espèces qui profitent le moins du broutage auraient eu tout le temps de dominer le fond marin, et le carbone qui ne s'est pas accumulé pendant tout ce temps ne se rattraperait pas d'un coup.

Hypothèse