Espèces → Abeille domestique (colonies sauvages)

Abeille domestique (colonies sauvages)

Apis mellifera

Aucun chiffre mondial publié — UICN : données insuffisantes à…
Risque d'extinction En danger
PollinisateurAgricoleInsecte
Abeille domestique (colonies sauvages) (Apis mellifera)
Photo : John Severns, Wikimedia Commons (Public domain)

L'abeille domestique est le pollinisateur le plus connu, mais cette fiche ne porte que sur ses colonies sauvages — celles qui ne dépendent d'aucun apiculteur et déclinent d'environ 56 % par décennie en Europe. Son statut UICN est « en danger », établi au niveau de l'Union européenne seulement. Leur disparition retirerait une part d'un service de pollinisation évalué à 153 milliards d'euros par an dans le monde, sans effondrement complet : les ruches gérées continueraient d'en fournir une partie.

Et si elle disparaissait ?

Impact Élevé
1 an

Les colonies sauvages ne sont qu'une partie des insectes pollinisateurs, mais leur disparition retire d'un coup une part d'un service aujourd'hui évalué à 153 milliards d'euros par an dans le monde, soit 9,5 % de la valeur de la production agricole destinée à l'alimentation humaine — les ruches gérées par les apiculteurs, elles, continuent de fournir une partie de ce service.

Documentée
Détail

Gallai, N., Salles, J.M., Settele, J. et Vaissière, B.E. (2009). Economic Valuation of the Vulnerability of World Agriculture Confronted with Pollinator Decline. Ecological Economics, 68(3), 810–821.

Les auteurs chiffrent la contribution économique de la pollinisation par les insectes à l'agriculture mondiale, en isolant les cultures les plus dépendantes de la pollinisation animale (fruits, légumes, oléagineux) de celles qui n'en dépendent pas (céréales de base). L'étude porte sur l'ensemble des pollinisateurs, gérés et sauvages confondus ; ce point situe l'ordre de grandeur du service dont une part disparaîtrait avec les colonies sauvages.

10 ans

Sans colonies sauvages, les rendements des cultures les plus dépendantes de la pollinisation par les insectes reculeraient probablement, sans effondrement complet : l'apiculture gérée peut absorber une partie du service perdu, mais pas pour les cultures et les plantes sauvages qui dépendent d'espèces de pollinisateurs spécifiques qu'une ruche domestique ne remplace pas.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de Gallai et al. (2009) : les auteurs chiffrent une vulnérabilité économique à la dépendance envers les pollinisateurs, pas une projection de l'effet d'une disparition complète des colonies sauvages sur dix ans.

L'ampleur de la substitution possible entre pollinisateurs sauvages et colonies gérées par l'apiculture varie beaucoup selon la culture et la région — certaines cultures et certaines plantes sauvages dépendent d'espèces de pollinisateurs spécifiques qu'une ruche domestique ne remplace pas.

Ce qui manque pour confirmer : Dans quelle mesure l'apiculture gérée peut réellement se substituer aux colonies sauvages pour les cultures et les plantes sauvages qui en dépendent le plus reste débattu.

100 ans

Sur cent ans sans colonies sauvages, les plantes sauvages qui dépendent d'un comportement de pollinisation particulier — que des ruches gérées, sélectionnées pour l'agriculture, ne reproduisent pas nécessairement — verraient probablement leur reproduction décliner durablement, même si les grandes cultures continuent d'être pollinisées par l'apiculture gérée.

Hypothèse
1000 ans

Sur mille ans, la pollinisation reposerait presque entièrement sur les autres pollinisateurs sauvages déjà présents — bourdons, abeilles solitaires — et sur l'apiculture gérée ; comme l'abeille domestique est une pollinisatrice généraliste plutôt que liée à des plantes précises, ce report serait vraisemblablement plus complet qu'il ne le serait pour une espèce dont certaines plantes dépendraient étroitement.

Hypothèse

Espèces liées