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Termite champignonniste africain

Macrotermes michaelseni

Aucun chiffre de population globale. Densités de colonies mesurées en…
Risque d'extinction Non évaluée
SavaneIngénieur d'écosystèmeSol
Termite champignonniste africain (Macrotermes michaelseni)
Photo : Andrew Deacon, Wikimedia Commons (CC0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Modéré
1 an

Cette répartition régulière — plutôt qu'aléatoire — des monticules dans le paysage cesserait dès que les colonies s'éteignent : sans elle, l'abondance, la biomasse et la reproduction des consommateurs à tous les niveaux trophiques, des insectes aux grands herbivores, seraient nettement plus faibles.

Documentée
Détail

Pringle, R.M., Doak, D.F., Brody, A.K., Jocqué, R. & Palmer, T.M. (2010). Spatial Pattern Enhances Ecosystem Functioning in an African Savanna. PLoS Biology, 8(5), e1000377.

En comparant la disposition réelle et régulière des monticules à des simulations où les mêmes ressources seraient réparties au hasard, les auteurs isolent l'effet du patron spatial lui-même — un comportement émergent des colonies de termites qui s'évitent mutuellement — plutôt que celui des seules ressources qu'ils produisent.

10 ans

Sur une décennie marquée par des années plus sèches, cette perte de robustesse deviendrait visible : sans monticules répartis régulièrement, la végétation s'effondrerait plus brutalement à mesure que les précipitations diminuent, alors que leur présence rend aujourd'hui cet écosystème aride nettement plus résistant au manque d'eau que ne le prédisent les modèles sur sol homogène.

Documentée
Détail

Bonachela, J.A., Pringle, R.M., Sheffer, E., Coverdale, T.C., Guyton, J.A., Caylor, K.K., Levin, S.A. & Tarnita, C.E. (2015). Termite mounds can increase the robustness of dryland ecosystems to climatic change. Science, 347(6222), 651–655.

Les galeries de fourrage des termites s'étendent jusqu'à 70 m autour du monticule et forment un réseau de macropores qui favorise l'infiltration de l'eau dans le sol. Les monticules deviennent des îlots de fertilité qui concentrent presque toute la végétation ligneuse locale. Le modèle des auteurs, confirmé par des données de terrain au Kenya, montre que cette hétérogénéité retarde l'effondrement de la végétation en climat de plus en plus sec, plutôt que d'en être un signe avant-coureur.

100 ans

À l'échelle d'un siècle de sécheresse croissante, le modèle de Bonachela et al. prédit qu'un paysage aride entièrement privé de monticules basculerait plus brutalement vers un état dégradé — mais aucune expérience de terrain n'a retiré les termites d'un paysage entier pour vérifier cette prédiction à une telle échelle de temps.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir du volet modélisé de Bonachela et al. 2015, qui compare des paysages avec et sans monticules en simulation plutôt que par retrait expérimental réel.

Contrairement aux expériences d'exclusion pratiquées sur les grands herbivores (voir la fiche fourmi de l'acacia) ou au retrait direct de l'oursin-diadème, aucune étude n'a supprimé les termites d'un paysage aride entier pour observer directement la bascule prédite par le modèle.

Ce qui manque pour confirmer : Une expérience de terrain retirant réellement les termites d'une zone (plutôt que de comparer des paysages où des monticules existent déjà ou non) confirmerait la prédiction du modèle plutôt que de la déduire d'une simulation.

1000 ans

Sur un millénaire, les monticules eux-mêmes finiraient par s'éroder une fois abandonnés, emportant avec eux le réseau de galeries et les îlots de fertilité qu'ils créaient. Cette répartition régulière ne se reformerait sans doute pas spontanément par la suite, puisque c'est le comportement des colonies qui s'évitent mutuellement — pas seulement le relief ou le sol — qui la produit : le paysage retrouverait probablement une végétation plus uniforme et moins résistante aux années sèches, sans jamais retrouver ce patron précis.

Hypothèse