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Tapir du Brésil

Tapirus terrestris

Aucun chiffre global fiable — trop peu d'études de densité couvrent…
Risque d'extinction Vulnérable
Disperseur de grainesMégaherbivoreForêt tropicale
Tapir du Brésil (Tapirus terrestris)
Photo : Charles J. Sharp, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Élevé
1 an

En avalant les fruits entiers puis en défécant à des latrines situées jusqu'à 2 km des palmiers d'origine, le tapir protège les graines d'un charançon spécialisé dès la première saison de fructification : 77 % des graines restées près de l'arbre parent sont détruites par l'insecte, contre seulement 0,7 % de celles déposées aux latrines du tapir.

Documentée
Détail

Fragoso, J.M.V. (1997). Tapir-generated seed shadows: scale-dependent patchiness in the Amazon rain forest. Journal of Ecology, 85(4), 519–529.

L'étude porte sur le palmier à grosses graines Maximiliana maripa dans la forêt amazonienne de l'île de Maracá (Roraima, Brésil), et sur 6 140 graines suivies au total. Le charançon Pachymerus cardo, spécialiste de cette graine, est nettement moins actif loin des peuplements adultes de palmiers — la distance créée par le transport du tapir suffit à faire chuter la prédation de 77 % à moins de 1 %.

10 ans

Cet avantage à l'échelle d'une graine se répercute sur la forêt en quelques années : les densités de jeunes plants et de jeunes arbres sont significativement plus élevées aux latrines du tapir qu'autour des arbres parents — l'espèce façonne, année après année, la répartition spatiale du palmier qu'elle disperse.

Documentée
Détail

Fragoso, J.M.V., Silvius, K.M. et Correa, J.A. (2003). Long-distance seed dispersal by tapirs increases seed survival and aggregates tropical trees. Ecology, 84(8), 1998–2006.

En prolongeant le suivi de 1997 jusqu'au stade de la levée et du jeune plant, les auteurs montrent que l'avantage de survie des graines aux latrines se traduit bien par davantage de recrutement végétal — pas seulement par moins de graines mangées. C'est ce second maillon, du taux de survie de la graine jusqu'à la répartition réelle des arbres adultes, qui manque le plus souvent aux études de dispersion par la faune.

100 ans

Si cet écart de recrutement se maintient sur un siècle, la répartition du palmier resterait durablement figée en foyers concentrés près des arbres parents plutôt que dispersée dans la forêt : un effet plausible en prolongeant la tendance mesurée sur quelques années, mais jamais suivi à l'échelle d'un peuplement forestier entier.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de Fragoso (1997) et Fragoso, Silvius & Correa (2003) : le raisonnement prolonge sur un siècle un écart de recrutement mesuré sur quelques années, sans suivi à l'échelle du peuplement forestier complet.

Les deux études de Maracá mesurent un écart net de survie et de recrutement sur une échelle de quelques années. Rien ne garantit que cet écart se maintienne identique sur un siècle — la compétition entre jeunes plants, les autres disperseurs présents ou la dynamique naturelle de la canopée pourraient l'atténuer ou l'amplifier — mais aucune étude n'a suivi ce peuplement sur une durée aussi longue pour trancher.

Ce qui manque pour confirmer : Aucun suivi à l'échelle du peuplement forestier complet, sur des décennies à un siècle, ne confirme si l'écart de recrutement mesuré à court terme se traduit en une répartition durablement concentrée du palmier.

1000 ans

Sur un millénaire, d'autres animaux capables d'avaler ces grosses graines — plus petits mammifères ou grands oiseaux frugivores — prendraient sans doute une partie du rôle de disperseur du tapir, mais sur des distances bien plus courtes que ses 2 km de latrine à latrine. Le palmier survivrait probablement, mais dans un paysage aux foyers plus rapprochés et moins mélangés que celui que façonnait le tapir.

Hypothèse