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Requin tigre
Galeocerdo cuvier
Et si elle disparaissait ?
Impact ÉlevéSans requin tigre pour faire peser un risque de prédation, les dugongs de Shark Bay brouteraient sans doute plus longuement l'intérieur des herbiers riches, plutôt que de se limiter aux bordures moins nutritives mais plus sûres qu'ils préfèrent aujourd'hui — un compromis entre nourriture et sécurité qui varie directement avec le risque de rencontrer un requin tigre.
DocumentéeDétail
Wirsing, A.J., Heithaus, M.R. & Dill, L.M. (2007). Living on the edge: dugongs prefer to forage in microhabitats that allow escape from rather than avoidance of predators. Animal Behaviour, 74, 93–101.
Le suivi de sept zones d'étude sur plusieurs années montre que les dugongs arbitrent constamment entre la qualité de l'herbier et leur capacité à fuir rapidement une attaque, parce que de longues séances de broutage ou de repos les rendent vulnérables à une attaque surprise. Le même mécanisme de « paysage de la peur » a été documenté chez la tortue verte, qui partage cet herbier (voir la fiche tortue verte).
Dix ans après la canicule marine de 2011, qui avait détruit plus de 90 % de l'herbier dans plusieurs zones de Shark Bay, des enclos simulant l'absence de requin tigre ont montré que le tapis végétal principal ne se rétablissait pas sous un broutage intensifié — la présence du requin, via le risque qu'il fait peser sur les brouteurs, s'est révélée nécessaire à la repousse de l'herbier.
DocumentéeDétail
Nowicki, R.J. (2021). Loss of predation risk from apex predators can exacerbate marine tropicalization caused by extreme climatic events. Journal of Animal Ecology.
Vingt parcelles expérimentales (2,5 × 3 m, cages en armature métallique) ont été réparties entre habitats « sûrs » et « dangereux » selon le risque de prédation par le requin tigre déjà cartographié par les études précédentes. La canicule de 2011 avait détruit plus de 90 % de l'herbier dans plusieurs zones — un test grandeur nature de ce qui arrive quand le risque de prédation disparaît au moment où l'écosystème est le plus vulnérable.
Sur un siècle, un herbier marin qui ne bénéficierait plus jamais du frein que le requin tigre impose au broutage aurait peu de chances de se rétablir après chaque nouvelle vague de chaleur : à chaque perturbation climatique, sans risque de prédation pour limiter les dugongs et les tortues, l'herbier de Shark Bay pourrait rester durablement clairsemé plutôt que de retrouver son étendue d'origine.
HypothèseSur mille ans, la baie pourrait cesser de fonctionner comme l'habitat à herbiers qu'elle est aujourd'hui : sans le risque de prédation qui limite le broutage des dugongs et des tortues vertes, un fond marin plus régulièrement dénudé pourrait s'installer durablement, avec une communauté marine différente de celle que la baie abrite actuellement.
HypothèseDocumentation
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Wirsing, Heithaus & Dill (2007) — Living on the edge: dugongs prefer to forage in microhabitats that allow escape, Animal Behaviour
Consulté le 7 août 2026
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Nowicki (2021) — Loss of predation risk from apex predators can exacerbate marine tropicalization, Journal of Animal Ecology
Consulté le 7 août 2026
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IUCN Red List — Galeocerdo cuvier, statut et tendance
Consulté le 7 août 2026
Dernière vérification : 16 août 2026