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Molosse du Brésil

Tadarida brasiliensis

15 000 000 individus (grotte de Bracken, Texas, été)
Risque d'extinction Préoccupation mineure
Contrôle biologiqueAgricoleFournisseur d'abri
Molosse du Brésil (Tadarida brasiliensis)
Photo : U.S. Fish and Wildlife Service, Wikimedia Commons (Public domain)

Et si elle disparaissait ?

Impact Élevé
1 an

Sans les molosses, l'énorme quantité d'insectes qu'ils happent chaque nuit à la grotte de Bracken n'est plus capturée : les 15 millions de femelles allaitantes qui s'y rassemblent chaque été consomment à elles seules près de l'équivalent de leur propre poids en insectes par nuit, en grande majorité des ravageurs agricoles.

Documentée
Détail

Bat Conservation International — Bracken Cave Preserve.

C'est la plus grande colonie de chauves-souris connue au monde, protégée depuis 1991 par l'achat de la grotte et des terres environnantes — un rassemblement d'une densité et d'une ampleur qu'aucune autre espèce insectivore de la région n'atteint au même endroit, ce qui rend cette prédation nocturne difficile à compenser dès la première saison sans elle.

10 ans

Année après année, cette prédation manquante représenterait, au rythme chiffré par une étude menée sur huit comtés du centre-sud du Texas, jusqu'à 741 000 $ de dommages supplémentaires par an aux cultures de coton — plusieurs millions de dollars cumulés sur une décennie, si la pression du ravageur reste comparable d'une année à l'autre.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de Cleveland, C.J. et al. (2006). Economic value of the pest control service provided by Brazilian free-tailed bats in south-central Texas. Frontiers in Ecology and the Environment, 4(5), 238–243 — l'étude chiffre la valeur annuelle du service rendu par la colonie sur une seule saison, sans mesurer l'effet cumulé d'une absence prolongée.

Les auteurs combinent le régime alimentaire des chauves-souris, la biologie du ver de la capsule du cotonnier (Helicoverpa zea) et les pratiques agricoles régionales pour chiffrer un service annuel de 741 000 $, jusqu'à 1,7 million $ certaines années, sur une récolte de coton valant 4,6 à 6,4 millions $. Étendre ce chiffre sur dix ans suppose que la pression du ravageur et les surfaces cultivées restent comparables d'une saison à l'autre, ce que l'étude ne mesure pas directement.

Ce qui manque pour confirmer : Aucun suivi pluriannuel ne confirme si les dommages agricoles se cumuleraient à ce rythme sur dix ans, ou si les populations de ravageurs et les pratiques agricoles s'ajusteraient en cours de route.

100 ans

Sur un siècle sans une colonie de cette ampleur, l'agriculture du centre-sud du Texas se serait vraisemblablement appuyée beaucoup plus lourdement sur les pesticides chimiques pour compenser l'absence de cette prédation nocturne massive : d'autres insectivores, oiseaux ou autres chauves-souris, n'en combleraient sans doute qu'une fraction, aucun ne se rassemblant en une colonie unique de plusieurs millions d'individus au même site.

Hypothèse
1000 ans

Sur un millénaire, même si d'autres colonies finissaient par se former ailleurs, la tradition de rassemblement précise qui concentre des millions d'individus au même site année après année mettrait sans doute des générations à se reconstituer — et des grottes comme Bracken, privées pendant tout ce temps de l'apport constant de guano qui y nourrit toute une communauté d'invertébrés cavernicoles, resteraient vraisemblablement appauvries plutôt que de retrouver leur état d'origine.

Hypothèse