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Lynx ibérique

Lynx pardinus

648 individus matures
Risque d'extinction Vulnérable
Prédateur apicalLibération de mésoprédateurMilieu méditerranéenRéintroductionConservation
Lynx ibérique (Lynx pardinus)
Photo : Diego Delso, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Élevé
1 an

Sans lynx, renard roux et mangouste égyptienne — ses principaux rivaux pour le même gibier — n'ont plus personne pour limiter leur nombre : quand le lynx a été réintroduit en Estrémadure, leur population a aussitôt chuté d'environ 80 %, ce qui montre, à l'envers, ce qu'ils deviennent en son absence. La consommation de lapins par l'ensemble de ces carnivores grimpe alors de 55,6 %, et le lapin de garenne comme la perdrix rouge en payent directement le prix.

Documentée
Détail

Jiménez et al. 2019, « Restoring apex predators can reduce mesopredator abundances », Biological Conservation, vol. 238, art. 108234 ; confirme le mécanisme déjà décrit par Palomares, Gaona, Ferreras & Delibes 1995, Conservation Biology 9(2):295-305.

Le lynx ibérique tue occasionnellement renards et mangoustes en compétition directe pour le lapin, et son odeur seule modifie leur comportement de recherche de nourriture. L'étude de Jiménez et al. compare des zones avant/après réintroduction du lynx en Estrémadure avec des estimations de densité par piégeage photographique — un dispositif quasi expérimental qui mesure aussi bien la hausse du nombre de renards et mangoustes que celle de leur consommation de lapins, une fois le lynx retiré du système.

10 ans

Cette liberté retrouvée ne s'arrête pas au gibier : sans lynx pour les inquiéter, renards et fouines passent bien plus de temps à chercher des fruits, visitant beaucoup plus souvent les poiriers sauvages. Les graines de plusieurs arbustes du maquis, que ces mêmes animaux dispersent en mangeant leurs fruits, pourraient à terme se répandre autrement.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de Burgos et al. 2022, « Predation risk can modify the foraging behaviour of frugivorous carnivores », Journal of Animal Ecology : dans le Parc naturel de la Sierra de Andújar, les renards vivant en territoire de lynx consommaient 38 % de fruits en moins, et 70 à 100 % des visites de renards et de fouines aux poiriers sauvages avaient lieu hors des territoires de lynx.

Les renards et les fouines dispersent les graines de plusieurs arbres à fruits charnus méditerranéens en les consommant. Que le lynx réduise leur activité de recherche de fruits est mesuré directement par piégeage photographique ; que cela se traduise par un effet démontrable sur le recrutement des semis de ces arbres reste, de l'aveu même des auteurs, une extension logique à confirmer par des suivis de plus longue durée.

Ce qui manque pour confirmer : Un suivi pluriannuel du recrutement effectif des semis (et pas seulement de la fréquentation des renards et fouines) confirmerait ou infirmerait l'effet à l'échelle de la population végétale.

100 ans

Sur un siècle sans lynx, cette double pression — lapins et perdrix durablement plus chassés, dispersion des fruits changée — aurait vraisemblablement fini par modifier la composition du maquis méditerranéen : certains arbustes à fruits charnus se répandant moins facilement, peu à peu remplacés par des plantes moins dépendantes de cette dispersion animale.

Hypothèse
1000 ans

Sur mille ans, renard et mangouste se seraient imposés comme les grands prédateurs incontestés du maquis. Même si le lynx revenait après tout ce temps, il ne retrouverait pas forcément sa place facilement : sa recolonisation actuelle, bien réelle mais lente — 3 320 km² regagnés en 2022 contre 449 en 2005 — montre qu'un tel rééquilibrage se compte en décennies, pas en années.

Hypothèse

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