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Espèce humaine

Homo sapiens

8 300 000 000 individus (population mondiale)
Risque d'extinction Non évaluée
Changement climatiqueCarbone
Espèce humaine (Homo sapiens)
Photo : NASA/DMSP (Marc Imhoff, Christopher Elvidge), Wikimedia Commons (Public domain)

Et si elle disparaissait ?

Impact Majeur
Quelques semaines (confinements)

Un ralentissement mondial et bref de l'activité humaine — les confinements du printemps 2020 — a suffi à faire chuter les émissions mondiales de CO2 de 17 % au plus fort de la baisse, et à mesurer directement des changements de comportement chez des dizaines d'espèces sauvages, de la faune discrète réapparue en zone urbaine aux vocalisations différentes des oiseaux des villes.

Documentée
Détail

Le Quéré, C., Jackson, R.B., Jones, M.W. et al. (2020). Temporary reduction in daily global CO2 emissions during the COVID-19 forced confinement. Nature Climate Change, 10, 647–653.

Le terme « anthropause », forgé par une équipe de chercheurs en 2020 (Rutz et al., Nature Ecology & Evolution) pour désigner précisément ce ralentissement mesurable de l'activité humaine, a fait la couverture de la revue en septembre 2020. La baisse d'émissions mesurée est la plus forte jamais enregistrée en temps de paix — et elle s'est entièrement résorbée dès la reprise des activités fin avril 2020, preuve directe que l'effet dépend de l'activité humaine en cours, pas d'un changement structurel.

Quelques années à une décennie

Privées d'entretien, les infrastructures humaines commenceraient à se défaire presque immédiatement : le réseau électrique s'éteindrait en quelques jours, les pompes des sous-sols et du métro cesseraient de fonctionner et les inondations suivraient, puis le gel et le dégel fissureraient les chaussées et les premiers arbres perceraient les stationnements abandonnés en moins de dix ans.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir des taux connus de corrosion, de dégradation des matériaux et de cycles gel-dégel documentés en ingénierie civile — aucune expérience de retrait humain à l'échelle d'une ville entière n'a évidemment été menée.

Ce scénario, popularisé par le livre The World Without Us d'Alan Weisman (2007) et la série documentaire Life After People, s'appuie sur des données réelles de dégradation des matériaux (rouille de l'acier, pourrissement du bois, gel-dégel du bitume) plutôt que sur l'observation directe d'une ville abandonnée dans son ensemble. Le cas partiel le plus proche d'une observation réelle est Pripiat, la ville évacuée en 1986 près de Tchernobyl, dont la dégradation sur près de quatre décennies confirme le sens général du scénario — sans couvrir tous les climats ni toutes les échelles de ville.

Ce qui manque pour confirmer : Aucune ville entière n'a été observée sur plusieurs décennies après un abandon humain total et simultané dans des climats variés ; les cas partiels (Pripiat, quartiers désertés de Detroit) éclairent le mécanisme sans le confirmer à l'échelle mondiale.

30 ans et plus

Le seul cas réel et à grande échelle d'un retrait humain prolongé existe déjà : dans la zone d'exclusion de Tchernobyl, abandonnée par 116 000 personnes en 1986, les grands mammifères (élan, chevreuil, cerf, sanglier) atteignent des densités comparables à celles de réserves naturelles non contaminées voisines, et les loups y sont plus de sept fois plus abondants.

Documentée
Détail

Deryabina, T.G., Kuchmel, S.V., Nagorskaya, L.L. et al. (2015). Long-term census data reveal abundant wildlife populations at Chernobyl. Current Biology, 25(19), R824–R826.

L'étude s'appuie sur des recensements aériens et des relevés de traces sur plusieurs décennies, comparés à quatre réserves naturelles non contaminées de la région. Le résultat n'est pas que la radioactivité soit anodine — elle a des effets mesurables sur certains organismes — mais que le retrait de la chasse, de l'agriculture, de la foresterie et des routes pèse davantage sur la faune que la contamination résiduelle. C'est le cas réel le plus proche d'une expérience de retrait humain complet à l'échelle d'un paysage entier.

Un siècle et plus

Sur un siècle, la plupart des villes redeviendraient des forêts et l'essentiel des infrastructures s'effacerait ; mais certaines traces persisteraient des millénaires — la signature magnétique des armatures d'acier dans le béton, les plastiques, et les déchets nucléaires dont une partie restera dangereuse pendant des dizaines de milliers d'années.

Extrapolée
Détail

Synthèses d'ingénierie et de vulgarisation scientifique (Weisman 2007 ; BBC Science Focus ; Popular Science) croisant des données de corrosion, de décomposition des polymères et de radioactivité résiduelle — pas une étude unique et continue sur un siècle, qui par nature n'existe pas encore.

Le retour du carbone atmosphérique à des niveaux préindustriels prendrait lui-même des siècles à des millénaires selon les modèles climatiques existants, bien après la disparition des bâtiments — deux horloges très différentes tournent en parallèle, celle du bâti et celle du climat.

Ce qui manque pour confirmer : Aucune trajectoire complète sur un siècle n'a pu être observée nulle part : chaque source combine des estimations partielles (corrosion, polymères, climat) qui n'ont jamais été suivies ensemble sur un même site abandonné aussi longtemps.