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Fourmi de l'acacia sifflant

Crematogaster mimosae

occupe environ la moitié des acacias sifflants là où l'espèce est…
Risque d'extinction Non évaluée
SavaneMutualisme obligatoireCascade trophique

Et si elle disparaissait ?

Impact Modéré
1 an

Dès qu'elle disparaît d'un acacia sifflant, la fourmi protectrice cesse aussitôt de défendre activement l'arbre : plus personne pour mordre ou piquer les herbivores qui broutent ses jeunes pousses, le temps qu'une autre espèce de fourmi, souvent moins efficace, ne s'installe dans ses épines renflées devenues vacantes.

Hypothèse
10 ans

Quand la fourmi protectrice perd sa place sur un acacia au profit d'une fourmi rivale non protectrice, cet arbre subit deux fois plus de mortalité et davantage d'attaques de coléoptères foreurs sur une décennie qu'un arbre où elle est restée en poste — mesuré directement sur l'expérience d'exclusion des grands herbivores menée au Kenya.

Documentée
Détail

Palmer, T.M., Stanton, M.L., Young, T.P., Goheen, J.R., Pringle, R.M. & Karban, R. (2008). Breakdown of an ant-plant mutualism follows the loss of large herbivores from an African savanna. Science, 319(5860), 192–195.

L'acacia sifflant « paie » sa fourmi protectrice en nectar et en logettes creusées dans ses épines renflées, en échange d'une défense active contre les herbivores. Quand un facteur externe pousse l'arbre à réduire cet investissement — dans l'expérience, l'exclusion des grands herbivores pendant dix ans — la fourmi mutualiste, qui dépend de cette récompense pour prospérer, se fait supplanter par une fourmi opportuniste qui ne défend pas l'arbre aussi efficacement contre ses véritables menaces. C'est cette perte de la fourmi protectrice, quelle qu'en soit la cause, qui double la mortalité des arbres qu'elle occupait.

100 ans

Si cette même rupture de mutualisme se répète sur un siècle, partout où les grands herbivores comme l'éléphant reculent réellement dans les savanes à acacia sifflant — pas seulement dans une parcelle expérimentale — la disparition de la fourmi protectrice pourrait finir par marquer le paysage : davantage d'acacias morts avant maturité, à l'échelle de savanes entières plutôt que d'un site isolé.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de Palmer et al. (2008), combinée aux données de déclin réel des grandes populations d'herbivores comme l'éléphant de savane.

L'expérience de Palmer et al. contrôle artificiellement la présence des herbivores sur une parcelle ; elle ne mesure pas si le même schéma se produit, à l'échelle d'un siècle et de savanes entières, dans des zones où l'éléphant décline pour de vraies raisons (braconnage, perte d'habitat) plutôt que par exclusion expérimentale.

Ce qui manque pour confirmer : Une réplication de l'expérience d'exclusion dans d'autres sites de savane à acacia sifflant, et un suivi sur des échelles de temps plus longues que dix ans, confirmerait si cette rupture de mutualisme se généralise à l'échelle du paysage partout où les grands herbivores déclinent réellement.

1000 ans

Sur un millénaire, la fourmi protectrice ne reviendrait sans doute pas se réinstaller de la même manière sur ces acacias : d'autres espèces de fourmis, moins efficaces contre les coléoptères foreurs, occuperaient durablement ses épines renflées. La savane garderait des acacias, mais des arbres plus vulnérables, jamais tout à fait aussi bien défendus qu'avec leur partenaire d'origine.

Hypothèse

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