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Élan (orignal)

Alces alces

524 individus
Risque d'extinction Préoccupation mineure
Cascade trophiqueForêt boréaleCycle prédateur-proie
Élan (orignal) (Alces alces)
Photo : Charles J. Sharp, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Modéré
1 an

Dès le premier hiver sans orignal, les jeunes pousses de sapin baumier, de bouleau et de saule que l'orignal aurait normalement broutées jusqu'au tronc restent intactes pour la toute première fois — un seul hiver ne suffit pas encore à le voir dans le bois, mais c'est la première saison où plus rien ne vient les recouper.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de McLaren & Peterson (1994), qui établissent le lien inverse entre densité d'orignaux et croissance du sapin baumier sur plusieurs décennies, sans isoler ce qui se produit dès le tout premier hiver suivant une disparition complète.

McLaren & Peterson (1994) reconstruisent, à partir des cernes de croissance du sapin baumier, les variations de densité d'orignaux sur l'île Royale depuis les années 1950 : quand les orignaux se raréfient, la croissance des jeunes arbres repart nettement. Le broutage hivernal étant le mécanisme direct de cette relation, son interruption complète devrait se faire sentir dès le premier hiver — mais l'étude mesure des tendances sur plusieurs années, pas un effet isolé à douze mois.

Ce qui manque pour confirmer : Une mesure de la pousse des tiges terminales dès le premier printemps suivant une disparition confirmée d'orignaux — plutôt qu'une reconstruction rétrospective sur plusieurs décennies — manque pour confirmer un effet dès la première année.

10 ans

Cette tranquillité se lit ensuite directement dans le bois : sur l'île Royale, quand les orignaux se raréfient sur plusieurs années, la croissance du sapin baumier reprend nettement, comme l'enregistrent ses cernes année après année — l'inverse exact de ce qui se produit quand les orignaux abondent.

Documentée
Détail

McLaren, B.E. et Peterson, R.O. (1994). Wolves, Moose, and Tree Rings on Isle Royale. Science, 266(5190), 1555–1558.

En analysant les cernes de croissance du sapin baumier sur l'île Royale, où loups et orignaux coexistent en système fermé depuis les années 1950, les auteurs montrent un lien direct et récurrent entre la rareté des orignaux et l'accélération de la croissance des jeunes arbres — un des rares enregistrements aussi longs d'une cascade trophique complète, gravé dans le bois lui-même plutôt que reconstitué a posteriori.

100 ans

Sur cent ans sans orignal, les jeunes sapins et bouleaux de l'île pousseraient probablement sans jamais être rabougris hiver après hiver, formant une forêt bien plus dense et plus haute qu'aucune des baisses naturelles de population enregistrées jusqu'ici, qui n'ont jamais duré plus de quelques années d'affilée.

Hypothèse
1000 ans

Sur mille ans, ce ne serait plus seulement une question de densité forestière. D'autres brouteurs plus petits, comme le cerf de Virginie ou le lièvre d'Amérique, occuperaient sans doute une partie du vide laissé par l'orignal, mais sans jamais atteindre les mêmes branches ni brouter aussi lourdement en hiver — la composition même de la forêt boréale de l'île, pas seulement sa hauteur, finirait probablement par diverger durablement de ce qu'elle est aujourd'hui.

Hypothèse

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