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Diable de Tasmanie

Sarcophilus harrisii

10 000 individus sauvages, estimation approximative
Risque d'extinction En danger
Prédateur apicalControverse scientifiqueLibération de mésoprédateurDéclin catastrophique
Diable de Tasmanie (Sarcophilus harrisii)
Photo : JJ Harrison, Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Faible
1 an

Dans une région tout juste touchée par la maladie tumorale faciale du diable, celui-ci y décline aussitôt et sans signe de rétablissement — et c'est précisément dans ces régions que l'occurrence du chat haret grimpe, significativement associée en négatif à celle du diable.

Documentée
Détail

Hollings, T., Jones, M., Mooney, N. & McCallum, H. (2014). Trophic Cascades Following the Disease-Induced Decline of an Apex Predator, the Tasmanian Devil. Conservation Biology, 28(1), 63–75.

L'étude s'appuie sur des données de comptage nocturne au projecteur (spotlighting) menées à l'échelle de la Tasmanie sur plusieurs décennies, avant et après l'arrivée de la maladie selon les régions. Le déclin du diable y est immédiat dans chaque région touchée, sans signe de rétablissement, et coïncide avec la hausse de l'occurrence du chat haret.

10 ans

Dans les régions où la maladie sévit depuis le plus longtemps, ce basculement se prolonge jusqu'au maillon suivant : le quoll oriental, le plus petit des mésoprédateurs indigènes et autrefois protégé par le diable qui supprimait les prédateurs de taille intermédiaire, y décline à son tour rapidement.

Documentée
Détail

Hollings, T., Jones, M., Mooney, N. & McCallum, H. (2014). Trophic Cascades Following the Disease-Induced Decline of an Apex Predator, the Tasmanian Devil. Conservation Biology, 28(1), 63–75.

Le plus petit des mésoprédateurs indigènes de Tasmanie, le quoll oriental (dasyure à queue tachetée), décline le plus rapidement précisément dans les régions où le diable a reculé le plus longtemps — cohérent avec la perte progressive de la protection qu'il tirait autrefois de la suppression, par le diable, des prédateurs de taille intermédiaire comme le chat haret.

100 ans

Si le diable restait rare à l'échelle de toute l'île pendant un siècle, la même dynamique se prolongerait vraisemblablement : des chats harets mieux installés, et un quoll oriental qui continuerait de reculer faute du contrôle que le diable exerçait autrefois sur les prédateurs de taille intermédiaire.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de Hollings et al. (2014), qui documentent cette association sur plusieurs décennies déjà écoulées, prolongée ici à l'échelle du siècle.

L'étude de Hollings et ses collègues couvre déjà plusieurs décennies de déclin du diable selon les régions ; extrapoler ce même mécanisme — recul du diable, essor du chat haret, recul du quoll — à l'échelle d'un siècle suppose que rien d'autre ne vienne rebattre les cartes sur une aussi longue période, ce que l'étude elle-même ne peut pas garantir.

Ce qui manque pour confirmer : Une étude ciblée spécifiquement sur quolls et chats (Fancourt et al., 2015) ne retrouve pas de hausse claire de l'abondance des chats après le déclin du diable, et propose une explication différente : les chats freineraient le rétablissement de quolls déjà affaiblis plutôt que d'en avoir causé le déclin initial. La trajectoire à l'échelle du siècle reste donc activement débattue.

1000 ans

Sur un millénaire, la Tasmanie resterait très probablement sans grand prédateur-charognard marsupial de la taille du diable, un rôle qu'aucune autre espèce indigène de l'île ne remplit. Même si des concurrents introduits comme le chat haret occupaient une partie de l'espace laissé vacant chez les petits et moyens prédateurs, ce vide au sommet ne se refermerait jamais tout à fait de la même manière.

Hypothèse