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Dauphin du Gange

Platanista gangetica

3 607 individus (bassin Gange-Brahmapoutre-Meghna)
Risque d'extinction En danger
Cours d'eauPrédateurEspèce parapluie
Dauphin du Gange (Platanista gangetica)
Photo : Kukil Gogoi, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Modéré
1 an

Sans les clics incessants qui lui permettent de repérer poissons et crevettes dans une eau trop trouble pour la vue, ces proies perdraient presque aussitôt l'un des rares prédateurs capables de les traquer efficacement dans cette eau opaque.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de Jensen, F.H. et al. (2013), Clicking in Shallow Rivers: Short-Range Echolocation of Irrawaddy and Ganges River Dolphins, PLoS ONE — l'étude documente le mode de chasse par écholocation continue, pas la réponse des populations de proies à sa disparition.

Les clics mesurés par Jensen et ses collègues (fréquence centrale moyenne de 61,4 kHz, émis à un intervalle médian de 27,8 millisecondes) montrent un mode de chasse continu, sans équivalent connu chez les autres prédateurs du bassin, adapté à repérer des proies à très courte distance dans une eau limoneuse. Que la disparition de ce mode de chasse relâche presque aussitôt la pression sur les poissons et crevettes qu'il cible est une extrapolation directe de ce constat, pas une mesure de terrain.

Ce qui manque pour confirmer : Aucune étude ne mesure directement la réponse des populations de poissons et de crevettes à une disparition du dauphin — l'extrapolation part du mode de chasse documenté, pas d'un suivi de leurs effectifs.

10 ans

Sur une décennie, ce relâchement de pression redessinerait vraisemblablement l'équilibre entre les poissons et crevettes que le dauphin ciblait et les autres : les premiers gagneraient du terrain, faute d'un autre prédateur du fleuve chassant de la même manière, en continu et par écholocation, dans une eau aussi trouble.

Hypothèse
100 ans

Sur un siècle, ce déséquilibre se stabiliserait probablement dans un nouvel état : un fleuve durablement privé de tout chasseur utilisant l'écholocation en continu pour repérer ses proies dans les tronçons les plus troubles — un rôle qu'aucune autre espèce du bassin ne remplit de cette façon.

Hypothèse
1000 ans

Sur mille ans, rien ne remplacerait vraiment ce chasseur aveugle guidé par le son : aucun autre prédateur du bassin ne s'est adapté, en plus de 30 millions d'années d'évolution, à chasser en continu par écholocation dans une eau aussi opaque — sa disparition laisserait un mode de prédation qu'aucune autre espèce ne recréerait, même après un millénaire.

Hypothèse