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Cyprinodon du Trou du Diable

Cyprinodon diabolis

191 individus (comptage de printemps 2024)
Risque d'extinction En danger critique
Quasi-extinctionMilieu désertiqueEspèce parapluie
Cyprinodon du Trou du Diable (Cyprinodon diabolis)
Photo : Olin Feuerbacher / USFWS, Wikimedia Commons (Public domain)

Et si elle disparaissait ?

Impact Majeur
Sur 54 ans

L'espèce entière survit sur un unique rebord rocheux de 3,3 m sur 4,8 m, dans une eau à 34 °C et à très faible teneur en oxygène — les comptages de printemps sont tombés à un minimum historique de 35 poissons en 2013, avant de remonter à 191 en 2024, le chiffre le plus haut en plus de vingt ans.

Documentée
Détail

National Park Service (Death Valley National Park) — comptages officiels de Devils Hole.

Avant les années 1990, le comptage de printemps s'établissait autour de 200 poissons ; le déclin qui a suivi reste partiellement inexpliqué, tout comme la reprise récente. L'espèce entière dépend d'une seule nappe phréatique, elle-même exposée au pompage agricole et urbain croissant dans la région ainsi qu'au réchauffement climatique — deux menaces qui pèsent sur l'unique habitat connu, sans qu'aucun site de repli n'existe dans la nature.

Analyse génomique

58 % du génome du cyprinodon du Trou du Diable est constitué de segments d'ADN identiques — un niveau de consanguinité équivalent à quatre ou cinq générations d'accouplements entre frères et sœurs — et l'espèce a perdu 15 gènes entiers, dont cinq liés à l'adaptation aux environnements pauvres en oxygène, précisément le milieu où elle vit.

Documentée
Détail

Tian, D., Patton, A.H., Turner, B.J. et Martin, C.H. (2022). Severe inbreeding, increased mutation load and gene loss-of-function in the critically endangered Devils Hole pupfish. Proceedings of the Royal Society B, 289(1986), 20221561.

En séquençant le génome de huit individus, les auteurs documentent l'un des niveaux de consanguinité les plus extrêmes jamais mesurés chez un vertébré — une conséquence directe et attendue d'une population confinée depuis des millénaires à un espace de quelques mètres carrés. La perte de gènes liés à l'hypoxie, alors même que l'espèce vit en eau pauvre en oxygène, illustre le paradoxe d'une adaptation locale qui n'empêche pas l'érosion génétique globale.

Non mesuré à ce jour

Le cyprinodon du Trou du Diable est présenté comme une espèce parapluie pour la protection de son aquifère désertique unique — mais l'espèce n'a pas de rôle écologique décrit au-delà de son propre habitat : aucune autre espèce sauvage ne partage ce rebord rocheux de 16 m², et aucune étude ne mesure ce que sa disparition changerait concrètement pour l'aquifère qu'elle est censée protéger en symbole.

Insuffisante