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Caribou (troupeau de la Porcupine)

Rangifer tarandus

déclin mondial de 40 % sur trois générations ; populations arctiques…
Risque d'extinction Vulnérable
Milieu arctiqueChangement climatiqueMigration
Caribou (troupeau de la Porcupine) (Rangifer tarandus)
Photo : Diego Delso, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Modéré
1 an

Sans caribou, la pression de broutage et de piétinement qui limite aujourd'hui l'expansion de la mousse dans la toundra disparaît d'un coup — c'est cette pression, documentée sur des exclos de plusieurs décennies en Fennoscandie, qui maintient la végétation dans un état herbeux plutôt que moussu.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir d'Olofsson, Stark & Oksanen (2004), qui documentent l'« hypothèse de l'herbivore clé de voûte » sur des exclos de plusieurs décennies, sans mesurer l'effet à l'échelle d'une seule année.

L'étude démontre, par comparaison entre parcelles clôturées depuis des décennies et parcelles broutées normalement, que le broutage intensif du renne/caribou peut à lui seul faire basculer la toundra d'une lande moussue vers un état herbeux plus productif. Le retrait de ce broutage devrait donc, dès la première année, retirer la pression qui empêche la mousse de regagner du terrain — même si l'étude elle-même ne mesure cet effet qu'après plusieurs décennies, pas après une seule saison.

Ce qui manque pour confirmer : Aucune mesure de l'état de la végétation n'existe à l'échelle d'une seule année après le retrait du broutage — les exclos étudiés datent de plusieurs décennies.

10 ans

En quelques années déjà, un maillon de plus se déplacerait : le caribou constitue l'essentiel de l'alimentation du loup arctique dans plusieurs régions, où sa reproduction est directement régulée par l'abondance du caribou — sa disparition entraînerait vraisemblablement un déclin correspondant des loups qui en dépendent le plus étroitement.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de la littérature générale sur la dynamique loup-caribou en Arctique (Klaczek et al. 2016, Journal of Wildlife Management ; synthèses sur le loup arctique) et des données de gestion du troupeau de la Porcupine.

Un signal indirect de cette dépendance : sur l'aire du troupeau de la Porcupine, l'hiver 2024 sans réduction des populations de loups a coïncidé avec un taux de recrutement des faons tombé à 14 %, signe que la relation prédateur-proie y est déjà étroitement surveillée et gérée dans le sens inverse (protéger le caribou du loup), pas encore documentée dans le sens qui intéresse cette fiche (l'effet du caribou sur le loup si le caribou venait à manquer).

Ce qui manque pour confirmer : Une étude isolant l'effet spécifique de l'abondance du caribou, plutôt que des ongulés arctiques en général, sur la démographie et la reproduction des loups qui en dépendent le plus étroitement reste à établir.

100 ans

Les exclos les plus anciens étudiés en Fennoscandie, certains posés depuis près de quarante ans, montrent déjà une toundra basculée vers une lande à arbustes nains dominée par la mousse, avec un cycle des nutriments ralenti. Sur un siècle — plus de deux fois cette durée — cet état serait vraisemblablement encore plus solidement installé, la toundra n'ayant plus aucune raison de revenir en arrière.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir d'Olofsson, Stark & Oksanen (2004), dont les exclos les plus longs couvrent près de quarante ans — projeté ici sur un siècle, soit plus du double de la durée réellement mesurée.

L'étude elle-même porte sur des clôtures posées depuis « près de 40 ans » au moment du suivi — la donnée réelle la plus longue disponible dans les sources réunies ici, pas les cent ans de l'horizon. Le raisonnement suppose que la tendance déjà mesurée sur quatre décennies se poursuit, sans nouveau mécanisme qui l'inverserait, jusqu'au siècle — une hypothèse raisonnable mais non testée directement sur cette durée.

Ce qui manque pour confirmer : Aucune mesure directe de l'état de la toundra n'existe au-delà d'environ quarante ans d'absence de broutage — l'extension à cent ans est une projection de la tendance déjà observée.

1000 ans

Sur mille ans, un autre herbivore pourrait en venir à reprendre une partie du rôle du caribou — mais aucun n'égale ses déplacements sur des centaines de kilomètres ni la taille de ses troupeaux migrateurs. La toundra resterait vraisemblablement plus moussue et moins productive qu'avec le caribou, et les loups arctiques qui dépendaient le plus étroitement de lui se seraient déjà tournés vers d'autres proies depuis longtemps — un Arctique reconfiguré plutôt qu'un simple retour en arrière si le caribou revenait.

Hypothèse

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