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Bison d'Europe

Bison bonasus

6 800 individus à l'état sauvage (troupeaux en liberté, estimation récente)
Risque d'extinction Quasi menacée
MégaherbivoreIngénieur d'écosystèmeDisperseur de grainesForêt tempéréeRéintroduction
Bison d'Europe (Bison bonasus)
Photo : Charles J. Sharp, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Élevé
1 an

Sans bison pour transporter les graines dans ses excréments, une forêt perd aussitôt un disperseur à large spectre : une seule étude y a mesuré la germination de 10 807 plantules issues de 178 espèces végétales différentes à partir de bouses de bison, une diversité que rien d'autre dans la forêt ne reproduit à cette échelle.

Documentée
Détail

Jaroszewicz, B., Pirożnikow, E. & Sagehorn, R. (2009). Endozoochory by European bison (Bison bonasus) in Białowieża Primeval Forest across a management gradient. Forest Ecology and Management, 258(1), 11-17.

Étude menée sur 74 échantillons de bouse en forêt de Białowieża, comparant trois régimes de gestion (captif, semi-sauvage, sauvage). Curieusement, les bisons captifs, nourris en partie par l'être humain, ont dispersé une diversité de graines encore plus grande que les bisons vivant en liberté — un rappel que ce service dépend de l'animal lui-même, pas seulement de son mode de vie. Sans bison du tout, aucun de ces 178 taxons ne bénéficierait plus de ce mode de dispersion.

10 ans

Dix ans sans le passage et le broutage du bison, la diversité des carabes (coléoptères prédateurs du sol) reculerait probablement vers les 32 à 35 espèces recensées sur des parcelles que le bison n'a jamais broutées, contre jusqu'à 57 espèces sur celles qu'il broute encore aujourd'hui — signe que son piétinement façonne autant la vie du sol que la végétation visible.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir de Schwerk, A., Klich, D., Wójtowicz, E. & Olech, W. (2021), qui compare des parcelles broutées et non broutées par le bison au même moment plutôt que le même site avant et après sa disparition.

Étude menée sur trois populations de bisons en Pologne (plus de 21 000 carabes identifiés au total). L'effet le plus net ne porte pas sur l'abondance mais sur les traits fonctionnels des carabes (taille, régime alimentaire, capacité de vol) — signe que le bison filtre quels types de carabes prospèrent plutôt qu'il ne change simplement leur nombre. L'étude compare des parcelles différentes au même moment, pas la même parcelle avant et après le retrait du bison ; le lien avec l'horizon de dix ans reste donc un raisonnement, pas une mesure directe.

Ce qui manque pour confirmer : Un suivi dans le temps d'une même parcelle avant et après le retrait du bison confirmerait la vitesse réelle de ce déclin, plutôt qu'une comparaison entre parcelles différentes au même moment.

100 ans

Le dernier bison sauvage est mort en 1927 — près d'un siècle avant aujourd'hui. Depuis, l'espèce est repartie d'un stock fondateur de 12 individus pour atteindre plus de 6 800 bisons sauvages dans 47 troupeaux, mais seuls 8 d'entre eux sont assez grands pour être génétiquement viables à long terme : un siècle a suffi à ramener le bison dans le paysage, pas encore à y restaurer sa fonction de mégaherbivore et de disperseur de graines de façon continue.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir des données de population de l'UICN sur l'extinction du bison sauvage en 1927 et sa reconstitution depuis un stock fondateur de 12 individus, combinée à Jaroszewicz et al. (2009) et Schwerk et al. (2021) sur son rôle écologique actuel.

Le coefficient de consanguinité moyen des populations actuelles avoisine 17 %, un niveau associé ailleurs dans le règne animal à une fertilité réduite et une moindre résistance aux maladies. Seuls 8 des 47 troupeaux actuels dépassent le seuil de viabilité génétique à long terme — la fonction écologique du bison mesurée par les études ci-dessus n'a donc probablement pas encore retrouvé l'échelle continue qu'elle occupait avant 1927, même là où l'espèce est revenue en nombre.

Ce qui manque pour confirmer : Une mesure directe de la fonction écologique (dispersion de graines, effet sur les carabes) comparée entre troupeaux à diversité génétique contrastée, à densité et habitat comparables, confirmerait si la fragmentation limite réellement le rôle écologique du bison.

1000 ans

Sur mille ans, même si le nombre de bisons continuait de croître, la diversité génétique très restreinte héritée de ses 12 fondateurs limiterait vraisemblablement sa capacité à réoccuper l'ensemble de son aire historique. L'espèce jouerait sans doute de nouveau son rôle de mégaherbivore et de disperseur de graines par endroits, mais probablement jamais de façon aussi continue qu'avant sa quasi-extinction — un patchwork de forêts et de prairies façonnées par le bison, entrecoupé de zones qu'il n'aurait jamais retrouvées.

Hypothèse

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