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Arbre de Josué

Yucca brevifolia

Plus de 4,4 millions d'acres occupés en Californie et au Nevada…
Risque d'extinction Préoccupation mineure
Mutualisme obligatoireMilieu désertiqueChangement climatiquePollinisateur
Arbre de Josué (Yucca brevifolia)
Photo : Bernard Gagnon, Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Modéré
1 an

Sans arbre de Josué, la teigne du yucca — sa seule pollinisatrice, dont les larves grandissent à l'intérieur même de ses fruits — perd d'un coup l'unique fleur où elle peut pondre ses œufs et l'unique fruit dont ses larves se nourrissent. Le mutualisme qui lie les deux espèces s'arrête net, pas seulement pour l'arbre.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir d'Addicott & Bao (1999), qui documentent le mécanisme du mutualisme (ponte dans la fleur, larves nourries par les graines) sans mesurer ce qui arrive à la teigne une fois la plante hôte disparue.

L'étude d'Addicott & Bao décrit un mutualisme obligatoire réciproque : l'arbre ne se reproduit que par la teigne, et la teigne ne peut pondre et nourrir ses larves que dans les fleurs et fruits de l'arbre. Que la plante hôte disparaisse coupe donc aussi net la seule ressource de reproduction de l'insecte — un raisonnement direct à partir du mécanisme documenté, mais que l'étude elle-même ne mesure pas puisqu'elle porte sur des populations vivantes des deux espèces.

Ce qui manque pour confirmer : Aucune étude ne mesure directement le sort de la teigne du yucca après la disparition de son unique plante hôte — seul le mécanisme de dépendance réciproque est documenté.

10 ans

Privée de tout hôte pendant dix ans, la teigne du yucca — un insecte spécialisé sur cette seule espèce d'arbre — aurait disparu à son tour de la région : ce qui n'était en l'an 1 qu'une saison de reproduction ratée devient l'extinction locale complète de son unique pollinisatrice.

Extrapolée
Détail

Extrapolation à partir d'Addicott & Bao (1999) et de Harrower & Gilbert (2018), qui montrent que le mutualisme peut s'effondrer localement quand la teigne n'est plus active — ici appliqué au cas plus extrême où la plante hôte elle-même a disparu.

Harrower & Gilbert documentent, le long d'un gradient climatique, des sites où le mutualisme s'effondre localement parce que la teigne cesse d'être active alors que l'arbre est toujours présent. Si c'est l'inverse qui se produit — l'arbre disparaît alors que la teigne dépend uniquement de lui — l'effondrement du mutualisme devrait être encore plus rapide et total, la teigne n'ayant aucun autre hôte vers lequel se reporter.

Ce qui manque pour confirmer : Aucune donnée ne suit une population de teignes du yucca après la disparition complète, sur dix ans, de son hôte — l'extrapolation combine deux études qui portent chacune sur un aspect différent du système.

100 ans

Un siècle sans arbre de Josué, ce serait un siècle sans le grand yucca arborescent qui structure aujourd'hui certaines parties du désert de Mojave. Les rongeurs qui dispersaient autrefois ses graines chercheraient probablement d'autres sources de nourriture, et rien ne dit qu'une autre plante en viendrait occuper exactement la même place dans le paysage désertique — sa silhouette et son rythme de croissance très particuliers n'ont pas d'équivalent proche parmi les autres espèces du Mojave.

Hypothèse
1000 ans

Sur mille ans, le désert de Mojave aurait sans doute développé un autre équilibre végétal — d'autres arbustes ou yuccas plus petits occupant une partie de l'espace laissé vide — mais probablement jamais tout à fait la même silhouette ni la même relation exclusive avec un pollinisateur qui, elle, n'existerait plus du tout : une fois la teigne du yucca disparue faute d'hôte, aucune espèce de yucca ne pourrait la faire réapparaître.

Hypothèse