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Arbre de Josué

Yucca brevifolia

Plus de 4,4 millions d'acres occupés en Californie et au Nevada…
Risque d'extinction Préoccupation mineure
Mutualisme obligatoireMilieu désertiqueChangement climatiquePollinisateur
Arbre de Josué (Yucca brevifolia)
Photo : Bernard Gagnon, Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Et si elle disparaissait ?

Impact Élevé
En continu

L'arbre de Josué ne peut se reproduire que grâce à la teigne du yucca, son unique pollinisatrice — mais la teigne pond aussi ses œufs dans les fleurs qu'elle pollinise, et ses larves dévorent une partie des graines : le mutualisme n'est stable que parce que la plante limite elle-même l'ampleur de cette prédation.

Documentée
Détail

Addicott, J.F. et Bao, T. (1999). Limiting the costs of mutualism: multiple modes of interaction between yuccas and yucca moths. Proceedings of the Royal Society B, 266(1415), 197–202.

Les auteurs montrent que le mécanisme qui limite le coût de la prédation des graines varie selon les systèmes yucca-teigne étudiés : dans certains, la plante avorte sélectivement les fleurs ayant reçu trop d'œufs par rapport au pollen apporté ; dans d'autres, c'est une mortalité des œufs à l'intérieur même du fruit qui joue ce rôle limitant — deux solutions distinctes à la même contrainte évolutive, plutôt qu'un mécanisme unique et universel.

Selon le gradient climatique

Aux altitudes les plus basses et les plus chaudes de son aire, l'arbre de Josué survit encore mais la teigne du yucca, elle, n'y est plus active — le mutualisme dont dépend sa reproduction s'effondre localement avant même que l'arbre adulte ne disparaisse.

Documentée
Détail

Harrower, J. et Gilbert, G.S. (2018). Context-dependent mutualisms in the Joshua tree-yucca moth system shift along a climate gradient. Ecosphere, 9(9), e02439.

En comparant plusieurs sites le long d'un gradient d'altitude et donc de climat, les auteurs montrent que la rupture du mutualisme précède le déclin visible de la population d'arbres adultes — un signal d'alerte précoce qui n'apparaît pas si l'on ne suit que le nombre d'arbres, sans mesurer l'activité de leur pollinisatrice.

D'ici 60 à 90 ans

Un modèle combinant six scénarios climatiques et les données fossiles de déplacements passés de l'espèce projette une perte de 90 % de son aire actuelle d'ici 60 à 90 ans — les rongeurs qui dispersent ses graines ne les déplacent qu'à un rythme d'environ 1,8 m par an, bien trop lent pour suivre le réchauffement.

Documentée
Détail

Cole, K.L., Ironside, K., Eischeid, J., Garfin, G., Duffy, P.B. et Toney, C. (2011). Past and ongoing shifts in Joshua tree distribution support future modeled range contraction. Ecological Applications, 21(1), 137–149.

L'étude combine la modélisation climatique et l'enregistrement fossile des packrats du désert de Mojave, qui a permis de retracer les déplacements passés de l'espèce sur des dizaines de milliers d'années — la migration observée dans le passé, comme celle projetée par le modèle de dispersion actuel par les rongeurs, est jugée trop lente pour compenser le rythme du réchauffement en cours.